Rêverie d'automne

 

 

           Rêverie d'automne

 

 

    Pour prendre pour théorème une douceur pareille
    A novembre si vieux que sa mort semblait proche
    On devinait le temps prêt à faire des merveilles
    Amoureux comme ceux qui la Lune décroche.


    Brûlait-il de vie pour une brune capricieuse,
    Une odalisque nantie d'une pâle blondeur,
    Une fille à peau blanche à la rousseur précieuse
    Ou une femme mûre aux cheveux de candeur?


    Nul n'aurait su le dire mais louait le sentiment
    Qui laissait les feuilles vertes suspendues à leurs branches
    Et proposait aux fleurs un nouveau ralliement
    Comme pour peindre chaque jour en un nouveau dimanche.


    Les terrasses de café jouaient les prolongations,
    Les robes et jupes légères refusaient les armoires,
    Les jeux d'hiver tombaient en interrogation...
    Et les hommes de science consultaient leurs grimoires.


    Ils déniaient au temps le droit d'être amoureux,
    S'offusquaient même qu'on fut stupide au point d'y croire.
    L'automne, si doux soit-il, n'était pas langoureux
    Comme ces fous poètes cherchaient à le faire croire.


    Ils se plongèrent très vite dans leurs vieilles archives
    Afin de démontrer qu'en un lointain passé
    Au fil strict des saisons la Nature fut rétive
    Trouble très habituel de son teint compassé.


    Ainsi toujours va-t-il des choses qui nous dépassent,
    Certains aiment à les voir d'un oeil irrationnel
    Tandis que d'autres, moins fous, de leur regard rapace
    Préfèrent leur donner une structure fonctionnelle.


    Est-il bon de rêver? Nul n'a à en juger!
    Mais à trop de raison ne la donne-t-on pas
    A tous ceux qui s'efforcent de si bien nous gruger
    Et voudraient tous nous faire avancer du même pas.



 

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