Emouvance des sens

 

 

                  Emouvance des sens


    D'un long fil de soie, j'ai cousu mes paupières
    Afin de retenir dans les fonds abyssaux
    Du lac de mes larmes ton image prisonnière
    Captive à jamais dans l'azur de ses eaux.

    Mes lèvres closes sur le béat d'un sourire
    Conserveront en silence la langueur du secret
    Tairont nos chuchotis, nos murmures, nos rires,
    La douceur mellifère du plus ténu de tes baisers.

    Et rôdent le camphre et le poivre, fantômes olfactifs,
    Condamnés à errer là où sommeillent les senteurs.
    Ton rire, tes mots, tes silences, amoureusement captifs,
    Dans la mémoire de l'ouïe flottent en apesanteur.

    Mes mains gisent balourdes, gauches et inutiles,
    Pleurent la douleur de ne savoir se souvenir,
    Cherchent désespérées la mémoire de ton corps gracile,
    Se lamentent de l'impossible tactile à retenir.

    Tout mon corps enkysté dans sa gangue de douleur
    Se traîne et se languit comme la graine de myrrhe
    Charge tous les zéphyrs de clamer à toute heure :
    "Faîtes vite revenir celle qui me fera refleurir!!!"


 

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