Elle, haine

 

 

                             Elle, haine.

 

 

    J'ai enfin fait fi d'une fin sans haine
    En prenant mes cliques, mes claques, et mon clic-clac.
    J'ai craint de ne savoir faire fi du fil sans elle
    En embarquant ma trique, mon trac, et mon tric-trac.


    Ne subsistait que la mie de mon miel sans elle
    Alors j'ai pris mes boules, ma gomme, et le bulgomme.
    Je suis demeuré coi dans mon coin sans haine
    En emportant ma lampe, mes pions, et mes lampions.


    Ne restait que soi devant le soin sans haine
    Aussi j'ai chargé mon lit, mon coeur, et mes liqueurs.
    Et comme ne demeurait que mai face à un mail sans elle
    J'ai rangé mes briques, mes Braque, et mon bric-à-brac.


    Seul survivait un tout petit rai pour le rail sans elle
    Alors j'ai emballé mon thé, des cendres, et l'ascenseur.
    J'ai vu à contre-coeur loi pour loin sans haine
    En chargeant mes grilles, mon pain, et mon grille-pain.


    Le terrain était vide, la maison démontée
    Et mon coeur empesé de gueuses de tristesse
    Face à la tâche ingrate qui lui incombait :
    Faire fi de fil et fin, sans elle, sans haine.


    Et c'est en voulant faire mot de mort sans air
    Que j'ai capté le sens de mon horrible méprise.
    J'avais cru qu'à l'amour les digues s'étaient rompues
    Dès lors qu'il suffisait de prêter attention.


    Tout ce que je croyais voué au ravin du néant
    Tenait à mon aveuglement à toujours occulter
    L'existence avérée de ses consonnes de prénom
    Hélène, avec elle, avec haine, avec l, avec n.


 

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