Une rumeur d'éléphant d'Alain Gerber

      

        Voilà sans doute un des auteurs les plus méconnus de ceux qui mériteraient de l'être. Fou de jazz (il anime une émission sur France Inter), toute son oeuvre littéraire mérite qu'on s'y arrête. Depuis "La couleur orange", "Le lapin de lune", "Le jade et l'obsidienne" pour arriver à celui qui nous intéresse : " Une rumeur d'éléphant". Cet ouvrage écrit en 1984 évoque dans un cadre imaginaire mais que le lecteur restitue parfaitement la crainte de la peste brune. Traitée dans un délire absolu avec un humour grinçant et cruel. Tous les travers humains explosent dans ce livre où seule l'innocence d'un enfant visionnaire tire son épingle du jeu.

       

        J'ai découvert grâce à ce livre l'art de traiter d'un sujet sans avoir l'air d'y toucher. Le subtil jeu des chemins de traverse qui sous couvert de balade conduisent à l'essentiel : l'éveil des consciences. J'ai compris à la lecture de cet ouvrage qu'attaquer de front peut conduire à l'exact contraire de ce que l'on espère et si je devais trouver une comparaison cinématographique au livre, je citerais "La vie est belle" de Roberto Benigni qui réussit cet impensable exploit de nous arracher des rires au coeur même des camps de la mort nazis. Traiter du fascisme par le biais du fantastique et de la dérision m'a semblé le summum de la subtilité. Amener tout doucement le lecteur vers une douloureuse évidence en ayant l'air de batifoler dans les prés est magique. Je m'efforce d'appliquer ce principe depuis.

       

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