Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway

        Ah! Encore un livre que j'ai lu plusieurs fois. Et la photo sur la couverture d'Ernest Hemingway ! Un gars barbu avec un gros pull vert à col roulé. Rien de comparable avec les auteurs invités sur les plateaux télé et leurs tenues en adéquation avec celle du présentateur. J'étais passionné de pêche à l'âge où j'ai lu ce livre et peut-être m'a-t-il inconsciemment marqué au point que le métier de marin-pêcheur soit devenu le mien à vingt ans (et pour cette même durée) alors qu'au départ je vivais à plus de cinq cents kilomètres de la mer. J'ai connu ainsi le plaisr de combats avec des poissons moins glorieux que l'espadon du livre... et il y avait moins de tension quant à mon devenir suivant l'issue de ces joutes halieutiques.

       J'ai tout d'abord, je veux dire que j'en ai conscience aujourd'hui, été impressionné par la simplicité du titre. Hemingway ne s'était pas embarrassé à entourer son titre d'un frisottis de bolduc. Deux héros se faisaient face : un vieux pêcheur, un espadon. Cela aurait pu constituer un titre de valeur. Non, l'auteur a préféré voir dans le poisson l'élément aquatique qu'il représentait et, du coup, le combat prend une ampleur incroyable, dantesque pour ainsi dire. Comment un homme seul, âgé de surcroît, pourrait-il venir à bout de la mer ? Les bases d'un défi héroïque sont lancées.

       J'ai ensuite compris que la longueur d'un livre n'est pas inversement proportionnelle à sa qualité. Il peut se trouver dex textes longs et nuls et des récits courts mais géniaux. Dans ce livre, la brièveté du récit donne au texte un incroyable rythme et ne se perd pas dans des méandres de détails superflus. L'auter s'en tient à l'essentiel et à l'évidence le récit perdrait en intensité s'il était venu à s'égarer dans le delta des mots lancés sur le papier dans l'unique but de faire de la page. En plus, ne pas se diluer dans la narration permet à chaque lecteur de s'inventer les précisions qui éventuellement lui manqueraient. Cet univers est à coup sûr propre à chaque lecteur.

       Enfin, le suspens qui laisse le lecteur dans l'incapacité d'abandonner l'ouvrage pour ne le reprendre que quelques jours après. Le récit est si prenant, l'enchaînement des scènes si bien ficelé, que l'on ne désire qu'une chose : apprendre comment tout cela va se finir. La fin oserais-je dire n'arrive jamais assez vite tellement on est impatient de connaître l'issue de ce combat. Avec en plus cette fantastique qualité des livres dont on est à la fois aussi heureux d'être arrivé au terme que frustré qu'il n'y ait pas pls de pages à lire. Je compare cela à un but poursuivi dont la traque serait presque plus prenante que la réalisation de ce qui en faisait l'objet. Pour ces rares ouvrages qu'on ne sait abandonner très longtemps la dernière page s'accompagne souvent de cette réflexion intérieure : "Il faudra que je le relise !" .

       Voilà depuis ce que je m'efforce de faire : écrire des textes qui laissent libres l'imagination du lecteur en s'en tenant à l'essentiel sans que la personne qui le lit soit capable de s'arracher à sa lecture. Je mentirais en prétendant que c'est facile !

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