La mort est mon métier

       Tout le monde connaît Robert Merle, bien souvent sans le savoir. On lui doit "Week-end à Zuydcotte", "Au bon beurre", "Trois sucettes à la menthe", "Les noisettes sauvages", "Les fillettes chantantes"... et d'autres encore. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma. Pourtant, celui qui m'a le plus marqué, j'ai dû le lire à quinze/seize ans, c'est "La mort est mon méier". Pour le résumer, je dirais simplement qu'il s'agit d'un témoignage prétendument biographique, celui d'un homme qui va diriger pendant de nombreux mois un camp d'extermination : Rudolf Lang (alias Rudolf Hess). Texte écrit en 1952/53 documenté grâce aux archives du procès de Nuremberg.

      Quelques mois auparavant, j'avais lu "Le journal d'Anne Franck" et la juxtaposition de ces deux textes m'a donné une vague idée de ce que pouvait être la misère et la détresse humaine. Ainsi que l'Histoire, hors des sentiers scolaires, pouvait s'apprendre dans des lectures usant de chemins de traverse et parfois iconoclastes. Le sentiment qu témoigner, que ce soit sous la forme romanesque ou la forme autobiographique, permettait de remettre les évènements de l'Histoire dans un contexte humain et de constater parfois une dissonance entre ce que l"on apprend et ce qu'ont réellement vécu les hommes au coeur desdits évènements.

       Ce que m'a aussi appris cet ouvrage c'est que tout peut se raconter, même l'horreur, et se doit d'être raconté avec l'espoir qu'un jour enfin l'Homme se souvienne des leçons de l'Histoire et adapte ses moeurs dans un souci vertueux. A signaler dans la série témoignage difficile : "La trace du serpent" de Thomas Thompson relatant l'histoire de Charles Sobhraj, l'un des pires tueurs en série du vingtième siècle.

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