Sommes-nous tous décérébrés ?

     Le terme est fort, j'en conviens, mais après un petit tour en grande surface me voilà dubitatif, pour ne pas dire circonspect, et j'aimerais pour le coup rebondir sur un précédent billet de ce blog : Peut-on lire de tout ?

     Passe que les plus grosses ventes d'hebdomadaires relèvent de la presse people (ou plutôt pipol tant francisé le mot dès le début prend tout son sens), que chaque homme (ou femme) publique se sente le devoir de commettre un ouvrage le concernant (Narcisse que tu refleuris bien !), voilà que maintenant on atteint au paroxysme du n'importe quoi. Après Chirac, Juppé, Royal... voilà qu'arrive Jospin. Après les ex madames Besson et Treiber, voilà que je découvre, en tête de gondole s'il vous plaît, un livre intitulé : Dans l'ombre de Rachida". Il ne s'agissait pas hélas du dernier Tahar Ben Jelloun mais d'un livre pondu par le frère de l'ancienne Garde des Sceaux (ou des sots).

    L'eût-elle elle-même écrit, mettant à profit le profond ennui qu'elle avoue volontiers ressentir à Bruxelles, que je n'y aurais vu aucun inconvénient. Juste la preuve que les hommes politiques ont décidément beaucoup de temps à consacrer à des tâches qui ne sont pas les leurs. Mais là, je suis resté sur le flanc. Imaginez un instant que tous les proches de tous ceux qui ont une certaine notoriété se mettent à écrire et nous voilà en route pour l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours. Intérêt de la chose : zéro!

    Attention, je ne reproche pas au frère de l'ancien ministre de s'amender par l'écriture, il ne peut qu'être loué pour ça, mais je m'interroge sur les critères de sélection des éditeurs. Je veux bien que ces maisons visent au commercial et prennent de moins en moins de risques mais là on commence à friser l'insane, le ridicule, à saoûler les gens avec des ouvrages fourre-tout pour humain décérébré. Où se cache le mieux-être culturel qu'on nous avait promis si nous nous mettions à lire ?

    Je ne vois hélas qu'une seule attitude pour contrer ces basses manoeuvres mercantiles : laisser reposer en paix (voire en pets) ces livres malodorants aux remugles infects ne présentant d'intérêt que pour ceux qui les écrivent. C'est pourquoi je vous engage mes bien chers frères de galère éditoriale à répandre ce message. D'avance merci pour nous.

 

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