Si l'on n'y prend pas garde... !

 

 

 

 

        Je voudrais parler aujourd'hui d'un tout petit roman que je viens de terminer : "Mon vieux et moi" d'un auteur canadien, Pierre Gagnon. L'histoire se résume à peu de choses : un homme d'une soixantaine d'années, tout jeune retraité, souhaite donner un sens à sa vie et décide d'"adopter" un ami de sa tante récemment disparue., un jeune homme de quatre-vingt dix-huit ans. Il l'installe donc à son domicile et commence leur vie commune. Des hauts, des bas, des satisfactions, des angoisses, de grandes joies, des rires, des larmes. Le roman déroulé sur quatre-vingts pages (un peu court c'est vrai même si le livre ne coûte que neuf euros ) est un petit chef d'oeuvre d'humour et d'humeurs qui ne se gêne pas pour poser les vraies interrogations quant à la vieillesse. Curieuse idée en vérité que d'accueillir chez soi une source d'ennuis et de contraintes à un tournant de la vie où s'estompent les tracas habituellement engendrés par le travail.

         Mais c'est là bien sûr que le livre développe tout son intérêt car comme en toute chose inconvénient et avantage se marient pour dénoncer les travers d'une société oublieuse de ses anciens sans omettre tout l'apprentissage de la vie que l'on peut en tirer même lorsque l'on se compte dans le clan des sexagénaires. C'est l'heure des bilans, parfois douloureux, sur une certaine vacuité et sur le sens de la vie, le fameux "meaning of life" cher aux américains. Quoi en effet de plus cruel que d'avoir le sentiment d'avoir vécu pour peu, d'avoir fait si peu pour son prochain.

          Je ne dévoilerai bien sûr aucune des péripéties du livre, il y en a quelques unes !, car le réel intérêt de l'oeuvre est le questionnement de chacun sur lui-même qu'il peut générer. Mais un point important du sujet permet de rebondir sur l'actualité : le thème de l'oeuvre. La démarche du héros est volontariste, il décide par lui-même de lier son existence à un homme très âgé qu'il ne connaît au vrai que très peu. Mais, mais, si l'on persiste à réduire le train de vie des gens en général, et des personnes âgées en particulier en leur versant des pensions bien trop ridicules pour leur permettre de s'assumer financièrement on sera bientôt confrontés à un nouveau problème : que faire de ces vieillards sans ressources suffisantes ? Deux solutions paraissent évidentes : le placement en centres gériatriques aux frais de la communauté ( on peine à voir le bénéfice ) ou le placement en milieu familial contraint ( une forme d'"adoption" le côté volontaire en moins ). Ou encore... aussi... mais enfin... pas cool !... la petite injection discrète pour équilibrer les caisses, le principe des vases communicants quoi : remplir des caisses pour en vider d'autres. Mais je délire, personne ne pourrait avoir de telles idées. Quoique... quoique... comme se plaisait à répéter Raymond Devos.

       

Commentaires (2)

1. Sbaizero Sandra (site web) 07/10/2010

Bonjour,

Dans l'idée, je trouve ça fantastique de faire cohabiter les générations qui ont tant à se transmettre mutuellement. C'est ce qui se faisait autrefois après tout.... mais les gens ne vivaient sûrement pas si vieux, sauf exception et le mode de vie était différent... Et pourtant, ça revient au goût du jour. J'ai vu un sympathique reportage sur un étudiant qui vivait chez un monsieur âgé. Celui-ci lui louait une chambre, mais leur relation allait bien au-delà, puisqu'ils étaient devenus amis. Une histoire avec un petit côté "conte de fée" qui me plait bien...
Bises,

Sandra

2. sandrasbz (site web) 17/10/2010

Bonjour Eric,

Juste un petit passage pour te souhaiter un bon dimanche, peut-être avec le soleil comme c'est le cas chez nous !
Bises,

Sandra

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