blog lecture et écriture

Tout est lié. Chaque pièce du puzzle formant le grand tout peut avoir l'écrit pour point commun pour peu que l'on utilise divers angles de visée. Toutes les sciences et tous les grands courants de pensée sont figés, mais non fixés, sur des supports éc
  • Le plus bel endroit du monde est ici

      

     

     

    Le plus bel endroit

     

    Je viens de terminer la lecture de ce petit livre en version poche. Je dois avouer que je reste un peu sur ma faim. On est loin de la qualité des ouvrages de Mitch Albom sur les chemins qui séparent la vie de la mort. Les auteurs ont à mon sens exploité à demi une belle idée de départ que je juge pour ma part gâchée par trop d'à peu près à la limite de la mièvrerie. On sent vite venir les choses et rien ne détourne le lecteur du chemin vers lequel on le guide. Je dois également reconnaître une certaine lassitude vis-à-vis des ouvrages traitant du développement personnel, de la vie après la mort, des tunnels de lumière et des épreuves à vaincre pour atteindre au nirvana. Quant à la liste des dix choses importantes à faire avant de... Tout cela à trop un arrière-goût de déjà vu et est à mon sens bien mieux exploité dans le "Journal de Bridget Jones". Un échec de temps en temps me réconcilierait peut-être avec ce type de travaux d'Hercule pour quadras en mal de vivre. Le lecteur que je suis aimant à être déstabilisé ou tout au moins bousculé est, vous vous en doutez, resté sur sa faim...

  • La peau du tambour

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           Un pirate informatique s'est introduit dans l'ordinateur central du Vatican pour remonter jusqu'au Pape. Il n'en faut pas plus au Saint Siège pour déléguer son émissaire secret, Lorenzo Quart, à Séville, siège du pirate. Autour d'une vieille église qui tue pour se défendre, se nouent les secrets d'une vieille famille aristocratique protégeant un religieux un peu fou et les intérêts de spéculateurs immobiliers, eux-mêmes liés à trois malfrats incapables. Un roman jubilatoire !   

         Aucun amateur de polar, d'histoire, de littérature ne devrait passer à côté de ce roman. Tout y frôle la perfection. La qualité de l'intrigue. La description des arcanes du pouvoir religieux. L'aspect philosophique de la carrière des prêtres. Leurs envies. Leurs contraintes. La beauté. L'amour. Le sexe. L'argent. Toute la misère humaine et sa comédie balzacienne danse ici une valse au bal des faux-culs et l'on ne sait qui on doit vénérer et qui on doit détester. Avec en prime - et quelle prime ! - une dose d'humour ravageuse avec ce portrait de trois ratés tellement attachants que l'on ne souhaite pas qu'il leur arrive malheur malgré le dessein trouble que quelques millions de pesetas leur fait suivre.

          N'hésitez pas à taper sur "La peau du tambour". Je gage que vous ne le regretterez pas et comprendrez aisément pour quelle raison l'académie des lettres espagnole a fait de l'auteur, Arturo Pérez-Reverte, un de ses plus brillants ambassadeurs.

  • Rien que du bonheur !

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        Je vous l'accorde, le titre peut rebuter. Mais fait rebond sur un film génial intitulé "Petits meurtres entre amis". L'auteur est finlandais. Pas un inconnu. Son livre le plus connu est "Le lièvre de Vatanen" dont un film avec Christophe Lambert a participé à la popularisation. Dans cet ultime opus de Arto Paasilinna, le délire atteint des degrés d'exception qui confine au génie littéraire et à une analyse profonde et on l'espère objective de la société finlandaise.

        Pour en faire  une brève synthèse, disons que deux personnes se rencontrant par hasard parce qu'elles ont décidé de se suicider sur un même lieu se persuadent de l'utilité et de la justesse d'un suicide collectif. Pour ce faire, elles passent une annonce... et l'histoire commence, si drôle, si truculente, si bouleversante aussi, que je préfère vous laisser le bonheur de la découverte.

        N'hésitez pas à emprunter la Flèche de la Mort, un car pullman dernière génération qui s'apprête à faire le tour des plus hautes falaises d'Europe.

         Il serait dommage de passer à côté de cet ouvrage autant qu'il l'est de ne pas avoir fait halte au "Magasin des suicides" de Jean Teulé. Comme quoi, lorsque de grands auteurs se penchent sur des sujets dramatiques, ils parviennent à tirer le meilleur de ce qui au départ s'apparente au pire.

  • Quand les verts voient rouge. De l'écolo bobo à celui qui fait mal

      Je viens de terminer un ouvrage de Jean-Christophe Ruffin paru en 2007 : Le parfum d'Adam. Le sujet traité, avec beaucoup de bonheur puisque l'on pourrait s'imaginer en voyage dans un Grangé de la bonne période, est l'écologie. Pas celle que nous connaissons tous en Europe qui sous des abords virulents s'apparente après lecture du livre à de douces jérémiades en comparaison de celle qui émerge aux Etats-Unis, entre autres, et que les spécialistes qualifient de deep ecology. C'est à ce point une mouvance prise au sérieux que le FBI n'hésite pas à la classer en deuxième position dans les menaces terroristes recensées par le bureau fédéral.

      Les militants de cette mouvance, plutôt secrète, prônent la disparition du véritable responsable de la pollution. Non pas la société industrielle mais l'Homme en tant qu'espèce.

  • Choc des cultures

     

     

     

     

     

           L'Inde intrigue, étonne par la diversité de ses cultes et de ses cultures, surprend par la densité de sa population. Ce que l'on sait moins en revanche, sans doute parce que cela fait partie de ces vérités qui dérangent, c'est l'âpreté de la lutte que se livrent les ressortissants hindous et musulmans. Des combats de tous les jours sans merci allant jusqu'à des assassinats parfois collectifs au vilain relent de purification ethnique. Dans le livre de Samina Ali : "Jours de pluie à Madras", on découvre le regard que porte sur son propre pays une jeune femme, dont l'existence se partage entre les Etats-Unis et l'Inde.

         Agée d'une vingtaine d'années, celle-ci revient en Inde pour son mariage, arrangé par sa mère, avec un jeune homme qu'elle n'a rencontréqu'une seule fois. Tous deux sont musulmans dans un pays majoritairement hindou... et dépositaires d'un secret douloureux. Peu après que le mariage ait été prononcé, ils vont être appelés à se confier, dans un mélange de honte et de tumulte.

           Cet ouvrage, que j'ai cependant trouvé parfois un peu en longueur, dissèque de très intéressante façon le poids des coutumes et des non-dits imposés par la religion, ce dans un contexte de résistance à l'oppression exercée par les membres d'un culte dominant. Le racisme prend ici une forme particulière entre habitants d'un même pays et le déchaînement d'une violence que les autorités locales feignent de ne pas voir créant par-là même une forme larvée de racisme institutionnel. Je recommande cette plongée dans une Inde déroutante de laquelle on ne ressort pas indemne.

  • Patrons, chefs d'entreprise, par pitié, ne vous fiez pas au titre!

     

     

     

     

     

            Pour avoir énormément navigué dans le monde du polar, en commençant par d'antiques O.S.S. 117 puis l'intégrale des San Antonio avant de dévorer des centaines de titres dans la "série noire" de Gallimard, je dois avouer éprouver désormais une certaine réticence à m'immerger à nouveau au coeur de cet univers pensant en avoir fait le tour. Idée censément émise à juste titre jusqu'à ma récente lecture d'un ouvrage de Paul Cleave, un auteur néo-zélandais, intitulé : "Un employé modèle" dont le titre original est "The cleaner" : le nettoyeur. Pour demeurer succinct tant je tiens pour important le plaisir de la découverte je ne livrerai que cette publicité alléchante : lorsqu'un serial killer décide de mener lui-même l'enquête, tout peut arriver. Vraiment tout, je le confirme.

     

         Exercice jubilatoire. Intrigue d'une folle originalité. Style décapant. Ecriture vive et enlevée avec une plongée non dénuée de réalisme dans le monde de la démence d'un serial killer vraiment pas comme les autres. Inutile de préciser que je plébiscite cet ouvrage et encourage tout le monde à le dévorer y compris, et surtout, tous les blasés du genre policier. Un avertissement toutefois pour les garçons : il y a une scène du livre qui fait mal. Très mal. Peut-être le côté féminin de l'auteur a-t-il voulu se venger de quelque mâle turpitude. C'est assurément réussi au-delà du concevable.

  • Pourvu que le vent d'espoir n'accouche pas d'une brise !

     

     

     

     

     

               Actuellement, et on ne saurait mieux faire que de s'en réjouir, souffle un vent de liberté sur les peuples opprimés par des potentats forts de leurs assises acquises au cours des dernières décennies. Du Proche-Orient à l'Asie sans oublier l'Amérique du Sud, des hommes et des femmes se lèvent pour crier leur misère face à des pouvoirs qui les affament et les confinent à la misère tandis qu'eux-mêmes et leurs affidés croulent sous les richesses accumulées. Fortunes à ce point scandaleuses qu'il faudrait des générations et des générations de tyrans et dictateurs pour "espérer" en venir à bout. Nous ne pouvons que nous réjouir que chutent ces régimes que la plupart des états occidentaux ont contribué à maintenir en place car leur exercice du pouvoir par la force nécessitait les armes que nous leur vendions sans parler des obscurs pouvoirs protecteurs contre de fallacieuses craintes culto-intégristes que nous leur prêtions. Si l'on ne se réfère qu'au continent africain, 300 milliards de dollars sont consacrés chaque année aux budgets militaires des états lorsqu'on estime qu'un dixième de cette somme suffirait à éradiquer la famine et les maladies; ces chiffres n'appellent pas à commentaires !


               On sait toutefois la grande difficulté qui existe dans la substitution d'un pouvoir par un autre avec tous les espoirs que l'on place dans le fléau de la balance côté "ça ne pourra pas être pire !". L'Histoire, hélas, a démontré que ce n'était pas toujours le cas et que l'exercice du pouvoir peut autant tourner les têtes que l'argent qu'il draine dans son sillage. les exemples sont légion de révolutions prétendument populaires qui ont accouché de régimes aussi sanglants, voire plus, que ceux qui les avaient précédés. La Nature de l'Homme serait ainsi faite qu'Il brûle très vite ce qu'Il a adoré : ses semblables et les grandes idées progressistes. Souhaitons que les têtes qui tombent depuis quelques semaines soient rempacées par des polyvirats tels que les aimait Rome car on plus on croise les pouvoirs moins ils risquent de s'échapper.

             

            Mais puisqu'ici tout se lie par ce qui ce qui se lit, je voudrais, pour demeurer au coeur du sujet, faire l'apologie d'un ouvrage que j'ai achevé il y a peu et dans lequel j'ai ressenti une très grande force narratrice sur un sujet traité d'une manière particulièrement intelligente. Inutile bien sûr d'encenser la plume d'André Makine, déjà couronné par le prix Goncourt pour "Le testament français", j'axerai plus mes louanges sur le thème abordé et traité de remarquable façon. Un chef d'oeuvre de la littérature franco-russe que je recommande à tous ceux qui aiment les belles histoires d'amour... et leurs à-côtés tragiques : "La vie d'un homme inconnu".

  • Toute la folie russe à un prix dérisoire

     

     

     

     

     

         Afin de commencer l'année lecture en beauté, je vous engage à ne pas passer à côté d'un petit bijou d'un très jeune auteur russe Alexandre Ikonnikov. Parcourant les plaines de l'Oural à la Sibérie, sans oublier quelques haltes au coeur des grandes métropoles, il décline sur une cinquantaine de textes dans "Dernières nouvelles du bourbier" toute la gamme des sentiments et des ressentis avec un humour tellement décapant qu'il en devient corrosif. Impossible de ne pas éclater de rire devant une multitude de situations d'une incroyable loufoquerie narrée avec cette âme slave si présente au cœur de la narration. On y croise une intense auto-dérision noyée sous des litres de vodka et de bière. Ce recueil se lit en plus avec une facilité détonante, chaque texte ne s'étalant que sur trois ou quatre pages. Un livre indispensable à prendre avec soi, format poche très pratique pour un prix dérisoire en regard du dépaysement offert, pour lutter contre la morosité des embouteillages, des attentes en caisse, des abribus…

       A lire absolument... pour aider à se convaincre que nous ne sommes pas les plus malheureux même si cette certitude ne peut constituer en soi une consolation.

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  • ouvroir de littérature potentielle

     

     

     

     

     

           L'Oulipo ou Ouvroir de la littérature potentielle est une forme de littérature dans laquelle se doivent d'être respectées certaines formes de contrainte que s'imposent eux-mêmes les auteurs. Georges Perec et Italo Calvino en sot les représentant les plus connus. Perec a par exemple écrit un livre de plus de trois cents pages "La disparition" sans utiliser la lettre "e". Calvino a rédigé un recueil de nouvelles "Si par une nuit d'hiver un voyageur" dans lequel des personnages se croisent et se recroisent de texte en texte et dont la conclusion se synthétise par une boucle dans l'intitulé de chacun des titres des textes. C'est à la fois une contrainte mais un espace de liberté à découvrir dans lequel peu de gens ont déjà pénétré. A chacun de s'établir ses propres contraintes. Je vous donne un exemple personnel ci-dessous d'un texte que j'ai rédigé en n'utilisant que la voyelle "e". A vous de jouer ensuite à en créer d'autres autour d'autres thèmes.

     

                   Oulipien

     

     

        L'événement est en tête des lettres de presse :

        L'enlèvement des élèves de Mers-el-Djebel.

        Le vent de désert cèle en ses ergs grèges

        En ces lents temps secrets le réel de l'ère.

        Les prêtres, verts, recherchent les élèves

        Et prennent en revers les mégères berbères;

        Elles serrent les lèvres et cèlent le secret

        De ce vers les élèves rêvent de se mêler.

        Le chef des prêtres jette pêle-mêle, le gel

        Et le léger, vers les bergères berbères

        Et tente de percer le recel des mégères…

        En perte sèche et lettre décédée.

     

        Entre temps, les élèves se resserrent

        En de secrètes ténèbres et le désert

        Dresse lentement ses éphémères regs

        Vers le célèbre céleste sélène.

     

        Lettre révélée, les prêtres lèvent le secret

        Et se jettent, célères, vers le désert en gel.

        L'Eternel, le frère, enlève légèrement le vent

        Vers les élèves et bêle le réel des prêtres.

     

        Les élèves se relèvent, sept cent mètres

        De prés éternellement verts, et se jettent

        Vers les jetées rebelles, enlèvent les vêtements

        Et se jettent en le rêve : en mer !

  • "Ce que le jour doit à la nuit"

     

     

     

     

     

          Je viens de terminer la lecture de "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra et il serait dommage de passer à côté de cet auteur. En effet, aussi bizarre que cela puisse paraître, Yasmina est un homme puisqu'il écrit sous un pseudonyme. De son vrai nom, Mohamed Moulessehoul, fut durant un peu plus de trente ans officier dans l'armée algérienne et use donc de pseudonyme à ses débuts afin de traiter un thème qui lui est cher : la tolérance. Position délicate à assumer de par sa situation professionnelle.

         Auteur francophone des plus lus dans le monde, il aborde des sujets liés à la religion et les prosélytismes qui s'y rattachent souvent : "Les hirondelles de Kaboul", "Les sirènes de Bagdad" mais connaît un succès encore plus grand grâce à "Ce que le jour doit à la nuit", élu meilleur livre de l'année par le magazine Lire.  Dans ce roman, où l'auteur manie une langue châtiée empreinte de poésie, le lecteur découvrira la vie de Younès, alias Jonas, de 1930 à nos jours, dans une Algérie en recherche d'identité. Tous les sentiments explosent dans cet ouvrage, l'amitié, l'amour, l'honneur, d'autant qu'ils ont pour toile de fond un pays en crise tiraillé entre deux pans de son histoire. Lequel Younès choisira-t-il ? C'est là tout le drame de tout un peuple décrit sans concession quel que soit le camp observé et là se situe toute la justesse de l'auteur que l'on comprend avant tout tolérant, une faiblesse pour certains. Avec cette très belle phrase, certes connue, "Le souvenir des morts est le coeur des vivants".

         Pour l'anecdote, un de mes amis algériens m'a confié avoir vu l'auteur à la télévision nationale et jugé qu'il paraissait imbu de sa personne. Je lui accorde toute ma confiance mais devant la qualité de l'œuvre je pardonne volontiers à Yasmina Khadra ladite immodestie.

     

     

     

     

  • Fritz Kolbe, un monsieur que l'on a justement tiré de l'ombre

            Un ouvrage très intéressant, et richement documenté, sur un côté largement passé inaperçu de la seconde guerre mondiale. Ce livre retrace le parcours d'un homme, petit fonctionnaire presque insignifiant au sein du ministère Allemand des Affaires Etrangères. Au péril de sa vie, et la lecture prouvera que ce n'est pas une simple expression, cet homme va œuvrer dans l'ombre pour faire passer aux armées alliées une somme considérable de documents confidentiels de la plus haute importance. Certains auraient même pu changer le cours de la guerre si en cette période trouble une méfiance excessive, mais sans doute raisonnable, n'avait retardé la prise en compte de la véracité des dits secrets d'état.

             Ce Fritz Kolbe se rendait assez souvent de l'Allemagne à la Suisse, en empruntant la voie ferroviaire, et s'ingéniait à dissimuler des documents de la plus haute importance car il rencontrait dans ce pays au comportement pour le moins trouble, des diplomates de toute nature, officielle ou secrète.

             Racontée sans recherche aventureuse, plus documentaire que roman, ce livre tente de montrer qu'au cœur du peuple allemand de nombreuses voix s'insurgeaient en silence contre la politique menée par Hitler. Fritz Kolbe a eu le courage, lui, de mettre en accord ses actes et ses pensées et c'est une bonne chose que l'auteur, Lucas Delattre, l'ait rappelé. les héros méritent qu'on les encense de quelque bord qu'ils soient.

     

     

     

     

     

            Un livre à lire absolument pour tous ceux qui aiment la justice.

  • L'oiseau bariolé

     

     

     

     

     

        Je voudrais vous parler d'un livre qui m'a marqué : "Loiseau bariolé "de Jerzy Kosinski. Cet ouvrage a été traduit en français en 1966 et narre l'histoire d'un petit garçon placé par ses parents dans la campagne d'un pays de l'Europe de l'Est durant la seconde guerre mondiale. Malheureusement pour lui, ce petit garçon est différent, le cheveu épais et brun au milieu de chevelures blondes, bohémien ou juif ? Un véritable calvaire va commencer pour lui de placement en placement, de fortune ou contraint. Tout au long du récit, on découvre que les vérités entendues ne sont peut-être pas si vraies en ce qui concerne la compassion du peuple polonais pour l'holocauste et son ignorance de la "solution finale".

          Ce roman est malgré tout très dur à lire. Scènes pénibles, agissements en marge de l'humanité, barbarie au quotidien. On réalise très vite que c'est une oeuvre de fiction sans cela le héros ne serait plus là pour témoigner ou alors aurait basculé dans la folie. C'est un ouvrage à désespérer de l'humain, à n'en voir que le côté sombre, le cerveau reptilien, dont on sort marqué, ému par les souffrances infligées à ce petit garçon juste en raison de sa différence. Avons-nous complètement grandis devant ce type de comportement ? Je demande à voir !

         Jerzy Kosinski, né en 1933, s'est suicidé en 1991. En lisant "L"oiseau bariolé" on devine que quelques souffrances intérieures le torturaient.

  • Si l'on n'y prend pas garde... !

     

     

     

     

            Je voudrais parler aujourd'hui d'un tout petit roman que je viens de terminer : "Mon vieux et moi" d'un auteur canadien, Pierre Gagnon. L'histoire se résume à peu de choses : un homme d'une soixantaine d'années, tout jeune retraité, souhaite donner un sens à sa vie et décide d'"adopter" un ami de sa tante récemment disparue., un jeune homme de quatre-vingt dix-huit ans. Il l'installe donc à son domicile et commence leur vie commune. Des hauts, des bas, des satisfactions, des angoisses, de grandes joies, des rires, des larmes. Le roman déroulé sur quatre-vingts pages (un peu court c'est vrai même si le livre ne coûte que neuf euros ) est un petit chef d'oeuvre d'humour et d'humeurs qui ne se gêne pas pour poser les vraies interrogations quant à la vieillesse. Curieuse idée en vérité que d'accueillir chez soi une source d'ennuis et de contraintes à un tournant de la vie où s'estompent les tracas habituellement engendrés par le travail.

             Mais c'est là bien sûr que le livre développe tout son intérêt car comme en toute chose inconvénient et avantage se marient pour dénoncer les travers d'une société oublieuse de ses anciens sans omettre tout l'apprentissage de la vie que l'on peut en tirer même lorsque l'on se compte dans le clan des sexagénaires. C'est l'heure des bilans, parfois douloureux, sur une certaine vacuité et sur le sens de la vie, le fameux "meaning of life" cher aux américains. Quoi en effet de plus cruel que d'avoir le sentiment d'avoir vécu pour peu, d'avoir fait si peu pour son prochain.

              Je ne dévoilerai bien sûr aucune des péripéties du livre, il y en a quelques unes !, car le réel intérêt de l'oeuvre est le questionnement de chacun sur lui-même qu'il peut générer. Mais un point important du sujet permet de rebondir sur l'actualité : le thème de l'oeuvre. La démarche du héros est volontariste, il décide par lui-même de lier son existence à un homme très âgé qu'il ne connaît au vrai que très peu. Mais, mais, si l'on persiste à réduire le train de vie des gens en général, et des personnes âgées en particulier en leur versant des pensions bien trop ridicules pour leur permettre de s'assumer financièrement on sera bientôt confrontés à un nouveau problème : que faire de ces vieillards sans ressources suffisantes ? Deux solutions paraissent évidentes : le placement en centres gériatriques aux frais de la communauté ( on peine à voir le bénéfice ) ou le placement en milieu familial contraint ( une forme d'"adoption" le côté volontaire en moins ). Ou encore... aussi... mais enfin... pas cool !... la petite injection discrète pour équilibrer les caisses, le principe des vases communicants quoi : remplir des caisses pour en vider d'autres. Mais je délire, personne ne pourrait avoir de telles idées. Quoique... quoique... comme se plaisait à répéter Raymond Devos.

           

  • Nous serions-nous trompés de civilisation ?

     

     

     

     

        J'ai lu récemment deux romans ayant pour thème commun les Indiens d'Amérique : "Le premier qui pleure a perdu" de Sherman Alexie et "La fille sauvage" de Jim Fergus. Deux ouvrages dont je recommande la lecture à la fois pour la qualité de l'écriture et l'intérêt intrinsèque de la narration. Le premier surfe sur la dérision et l'ironie tandis que le second est plus axé sur le remords et la désillusion. Tous deux restent néanmoins inspirés par la réalité puisque le livre de Sherman Alexie raconte son enfance douloureuse dans une réserve alors que celui de Jim Fergus mêle sous une trame romanesque des faits historiques replacés dans un contexte anthropologique grâce à l'imagination de l'auteur.

        L'un amuse, l'autre bouleverse. Les deux attristent par les drames qu'entraîne le choc entre deux civilisations dont l'une a oublié son ancestralité pour ne plus se souvenir que de sa volonté prosélyte de réduire au silence, par quelque moyen que ce soit, tout ce qui peut entraver sa marche en avant. C'est ainsi que les conquérants espagnols puis les pionniers américains anihileront en quelques siècles les cultures indiennes en les privant de leurs terres, de leurs croyances... et souvent de leurs vies.

        On ne peut naturellement que le regretter mais il n'est pas interdit aujourd'hui de se demander si l'Histoire a servi de leçon. Vouloir asservir les minorités ou les soumettre au silence, voire souhaiter qu'elles disparaissent ,demeure malheureusement d'actualité. De par le monde, beaucoup d'"Indiens" modernes subissent des pressions car ils dérangent par leurs différences. Peut-être serait-il enfin temps de se souvenir qu'une "démocratie" est une forme de gouvernance dans laquelle les minorités ne sont ni exploitées ni exterminées ni réduites au silence. On est loin du compte !

  • On cherche à prendre du temps sur la lecture !

       

     

         Si l'on y prend pas garde, nous disposerons de moins en moins de temps à consacrer à la lecture. En effet, hormis les personnes qui ont plaisir à lire dans les transports en commun tout en se rendant sur le lieu de travail, la majorité des personnes passionnées de littérature, ou de lecture, préfèrent s'adonner à cette activité dans une chilienne, un fauteuil, dans un pré ou à la plage. Tous lieux que l'on a guère "loisir" de fréquenter lors des journées de travail. Hors, si l'on accepte que l'âge de départ à la retraite soit reculé de deux ans, méfions-nous de ne pas reculer pour mieux sauter on nous a déjà fait ce coup là, on accepte d'un même élan d'être privé du plaisir de lire un nombre conséquent d'ouvrages ( rappelons-nous un précédent billet de ce même blog mettant en relation lecture et bonne santé ). Serait-ce à dire que nos dirigeants voudraient voir notre santé dépérir et nous voir du même coup vivre plus longtemps mais plus malades et donc des boulets financiers pour la Sécurité Sociale ? Je souhaite me tromper !

        Et si, pour remettre les caisses à flots et les comptes dans le vert, on allait chercher les solutions dans quelques ouvrages très intéressants qui relatent de la bonne répartition des richesses produites par la classe ouvrière de notre beau pays ( Frédéric Lordon ou Rodney Schmidt par exemple) on ne manquera pas de s'étonner que soit dans la souffrance un pays dont la capacité de production a doublé en vingt ans... aurait-on raté à un moment donné la juste répartition des richesses ? Ou les financiers craindraient-ils tant que la lecture nous donne ce goût pour l'orientation vers une société plus humaine, moins mercantile et moins consumériste, cette société qui leur fait tellement peur car elle ne participe pas du tout à l'enrichissement de quelques uns au détriment de l'immense masse des autres.

         Alors je vous le dis, si comme moi vous aimez lire, refusez que l'on vous spolie de deux ans de lecture pour le seul plaisir de permettre à une infime minorité d'égoistes de rajouter quelques lignes à leur compte en banque tellement déjà en surpoids.

  • Claude François serait-il encore d'actualité ?

        Question souvent entendue dont la réponse n'a bien sûr aucune importance car il semble évident qu'extrapoler sur le devenir artistique d'un chanteur disparu depuis si longtemps ne rime à rien. Une chanson cependant serait désuette voire obsolète : "Le lundi au soleil". Non, pas parce qu'il ne fait plus jamais beau ce jour-là après un week-end pourri ( cette habitude reste bien ancrée dans les moeurs météorologiques ), mais parce que depuis qu'une bande de ploutocrates arnaqueurs ont décrété que travailler chaque jour de la semaine serait de bon aloi , dimanche compris, ce jour tend à ressembler à ses frères de misère ouvrière. Je ne veux pas critiquer le fait de travailler, pas plus que réfuter que bien des gens oeuvrent ce jour-là ( j'y ai moi-même souscrit durant de longues années ) mais souligner que les magasins employant du personnel sont fréquentés par une majorité de personnes qui refuseraient elles de travailler le dimanche. Surtout que la majoration salariale des heures oeuvrées ce jour est laissée à la discrétion de l'employeur contrairement à ce qui avait été annoncé à grands renforts de publicité médiatico-politique... on devine aisément que la générosité patronale connaîtra vite ses limites.

        Il n'est pas très compliqué de faire machine arrière. Il suffit pour cela que les grandes surfaces entraînant les petites dans leur sillage demeurent désertes le dimanche. Pour cela, il convient que personne ne s'y rende. Car quand même, l'excuse que certains n'ont que ce jour-là pour faire leurs courses, je préfère faire semblant de ne pas l'avoir entendu et préciser pour ceux que cela intéresse que dans certains pays, entre autres Brésil et Thaïlande, les magasins sont ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et que si nous n'y prenons pas garde cette dérive du travail à toute heure pour un salaire inchangé nous guette tous quel que soit notre corps de métier.

       Et puis tout de même, une grasse matinée en famille le dimanche matin, un pique-nique au bord de la rivière, un repas sorti de la glacière sur la plage ou à la campagne, une balade en vélo avec les petits, la messe à l'église, un match au stade, regarder Michel Drucker à la télé non c'est nul ça !, une partie de pétanque, un tournoi de tennis de table, une cueillette de mûres, un ciné les dimanches de pluie... sans oublier la lecture au coin du feu, sur le sable, dans l'herbe, dans un transat au jardin... Avouons qu'il serait idiot de nous priver de tous ces plaisirs de l'existence pour la seule dérive consumériste de notre société lancée à toute allure vers sa propre perte par mépris de ce qui fait sa richesse : accorder à ceux qui la composent des temps de respiration en famille et entre amis un jour sur sept par semaine ce qui à bien y regarder n'est pas un luxe énorme et par voie de conséquence essentiel à préserver.

  • Mauvaises anciennes solutions pour ramener les enfants dans le rang

               A l'heure où tant de problèmes concernant les jeunes sont mis en avant (car il serait mensonger de prétendre qu'ils apparaissent) de très mauvaises idées ressortent des cartons dans lesquels les père-fouettards les avaient rangées... à contre-coeur. Certes à tout problème sa solution. Encore va-t-il falloir faire l'effort de rechercher des solutions innovantes sinon nouvelles tout en éliminant d'entrée celles qui se sont par le passé avérées inefficaces, inopérantes et cheminant à contrario du fil rédempteur vers lequel elles étaient censées se diriger. On voudrait nous faire avaler que la jeunesse d'aujourd'hui est plus violente que celle d'hier et d'avant-hier. Cela reste à voir. La délinquance juvénile ne connaît pas une expansion spectaculaire et les violences à l'intérieur des établissements scolaires demeurent marginales et concentrées sur certains périmètres départementaux.

             Soi-dit en passant, les collèges et lycées où les troubles sont les plus tangibles se situent à proximité, voire au coeur, des départements et villes où la mise à l'écart de la société d'une certaine frange de la population est la plus notoire. Urbanisation délirante, urbanisme en défaut, chômage, précarité, démission parentale face à tous les problèmes sociaux, xénophobie, difficulté à exister. Tous ces vecteurs de vie difficile conduisent certains jeunes à renier la société et ses règles; désarroi vécu par leurs aînés qu'ils refusent d'endosser et surtout d'assumer. Rébellion et violence deviennent tout naturellement les chemins évidents vers une émancipation qui si elle ne mène à rien laisse au moins l'illusion de combattre l'inéluctable.

             Je ne saurais prétendre apporter la solution magique sur un plateau. D'abord, je ne l'ai pas et ensuite les responsables politiques ont été élus pour cela : gérer au mieux les failles d'un système prétendument démocratique. Car la vraie démocratie ne consiste pas à agir pour la majorité mais à faire évoluer la société sans oublier dans le sillage les minorités en déserrance. Voilà pourquoi j'aimerais conseiller aux Père-la-vertu qui réclament à corps et à cris la réouverture des bagnes pour enfants et des maisons de correction la lecture de deux ouvrages qui datent certes mais m'ont depuis longtemps ouvert les yeux sur deux très mauvaises solutions afin de ramener dans le rang les enfants qui n'ont pas vraiment choisi de s'en éloigner. Le premier s'intitule "Les enfants du bagne" de Marie Rouanet ( j'ai de surcroît le plaisir de connaître un ami qui a connu la triste chance de passer deux ans dans celui d'Aniane avant qu'il ne ferme défnitivement), le second "Les hauts murs" d'Auguste le breton. Si après lecture de ces deux livres l'envie de recommencer l'expérience de ces hauts lieux carcéraux persiste ne pas hésiter à libérer les tenants de ces délires de leurs mandats électoraux.

  • A saisir : voyage en Inde peu coûteux, exotisme et érotisme garantis

       

         Ce voyage ne coûte qu'une dizaine d'euros mais garantit un dépaysement et une plongée vertigineuse dans un des plus grands pays du monde : l'Inde, que d'aucuns n'hésitent pas à qualifier de sous-continent. Bien sûr, pour ce prix modique, il ne saurait être question d'un déplacement physique. Pas d'avion à prendre, pas de valise à préparer, pas de formalités de passeport. Ce voyage est offert par Tarun J Tejpal au travers d'un livre intitulé : "Loin de Chandigarh", cadeau de ma petite soeur qui m'aurait étranglé si je n'en avais pas parlé sur ce blog consacré à l'écrit ( de préférence de qualité) sous toutes ses formes. Ce voyage possède en plus la fantastique qualité de remonter le temps des années 20 à nos jours. Quel guide mieux approprié pour découvrir un pays qu'un autochtone dont on devine à chaque page la fascination, parfois trouble, que son pays exerce sur lui ?

        Résumer un ouvrage de sept cents pages, tâche ardue. Pour schématiser, je dirai qu'il s'agit d'une histoire d'amour passionnelle et fusionnelle contrariée par la découverte, dans la maison que viennent d'acheter les personnages principaux du récit; de vingt-quatre carnets de cuir fauve constituant le journal intime de l'ancienne propriétaire des lieux, une Américaine. Bâti sur une trame mêlant passé et présent, réel et fictif, plaisir et drame, le récit fait voguer le lecteur dans toute l'Inde mais pas que. Paris, Londres, New York sont également au rendez-vous de cette fresque riche en couleurs, en saveurs, en senteurs. C'est l'occasion de visiter l'Inde dans tout son mystère, ses paradoxes, ses excès, avec en toile de fond un regard sur l'Histoire et une kyrielle d'interrogations philosophiques. Les clichés sont présents, éléphants, radjahs, fakirs, splendeurs et misères d'un peuple unique au monde, mais avec une acuité telle que chaque cliché est démonté, destitué, et remis dans son véritable contexte sans aucune complaisance.

        On ne peut s'empêcher de songer à la lecture de ce livre aux contes des mille et une nuits tant se télescopent de nombreuses histoires dans l'histoire, chacune permettant au narrateur de rebondir pour dessiner au final une enquête presque policière que l'on ne voit pas se dessiner tant elle est menée habilement. Le mélange des différentes époques peut déconcerter les fervents amoureux de la chronologie mais se justifie pleinement. Enfin, les passionnés de scènes torrides seront aux anges, elles émaillent tout le récit, rien d'étonnant au pays du Kama Sutra, parfois d'une crudité sans retenue, parfois d'une vérité presque anatomique avec des descriptions relevant du médical d'observation.

        Si vous vous laissez tenter par ce voyage, ce que je vous recommande, sachez que "Loin de Chandigarh" se trouve en version poche et que vous n'en sortirez pas indemne surtout si vous possédez de l'Inde une idée bien préconçue que vous n'aimeriez pas voir bouleversée. L'auteur ne prétend certes pas à la vérité mais on devine aisément qu'il la préfère au mensonge tant son personnage en découvre dans sa quête, sur les autres et sur lui-même.

  • Lisez plus pour dépenser moins !!!

          Ce petit plagiat d'un slogan qui fit parler en son temps ne fait nullement référence au journal "La tribune" pas plus qu'à tous les livres consacrés aux chicanes à franchir pour passer d'une catégorie d'impôts à une autre... inférieure s'entend. L'économie n'est pas mon domaine de prédilection... ni de compétence et je cherche dans les petits billets (pas encore cotés en Bourse) de ce blog un raccourci vers Epicure plutôt qu'à me faire le chantre de la thésaurisation. Une majorité d'entre nous se plaint, sans doute à juste titre, de peiner pour amener un mois à l'autre et de devoir mettre les patates plus souvent que la langouste sur la table dans la dernière ligne droite qui précède la paye. Pourtant, la vente de plats préparés, élaborés ou basiques, ne cesse d'augmenter année après année. Peut-être serait-il temps de se réintéresser à un genre littéraire délaissé : les livres de cuisine.

         Dix euros le kilo de carrottes râpées (quand l'élément de base n'en coûte même pas deux), quinze à vingt euros le kilo de plat en sauce ( ça laisse rêveur lorsqu'on sait le prix de la farine et de l'eau), sept euros le kilo de pommes de terre épluchées ( ils doivent l'amortir facile le couteau économe). Sans omettre le prix d'un simple sandwich valant souvent deux fois le prix d'une baguette et d'un camembert (au lait cru s'il vous plaît). Je ne vais pas dresser la liste de toutes les ficelles des agro-industriels, j'ai d'autres choses à faire d'ici la fin du mois. Je ne parle pas non plus des cochonneries diverses glissées au coeur de tous ces plats élaborés en France ( pour les ingrédients, à vous de deviner) exhausteur de goût, conservateur, émulsifiant, colorant... ! Bannissons au maximum de nos caddies tous ces produits économivores et suspects. C'est de la merde ! comme disait Jean-Pierre Coffe (non ! traître, vendu, capon, félon ! ) ma grand-mère. Apprenons ou réapprenons à cuisiner.

          Les objections sont multiples, je sais : temps, méconnaissance, étroitesse des cuisines, âge du capitaine... Stop aux mauvaises excuses ! Il faut savoir ce que l'on veut ! On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre ( l'expression s'arrête là car je me sers chez un crémier). Et puis, si l'on aime manger, c'est un plaisir de cuisiner... qui n'empêche pas les célibataires de voir les choses en grand et de congeler de petites barquettes à retrouver les soirs de speed ou de rendez-vous coquin. Parce qu'entre nous soit dit les plats que l'on cuisine soi-même ont quand même un tout autre goût que ceux que l'on trouve dans le commerce ( si vous avez un doute jouez à râper de carrottes) et cette saveur magique des choses que l'on a pris soin d'élaborer. Quant aux recettes, car il est vrai que les livres ne sont pas donnés, les mamans se font toujours un plaisir de les communiquer et pour ceux qui n'auraient plus leur mère ou préféreraient s'élever seuls Internet constitue un gisement inépuisable de source d'inspiration. Chacun sera sans doute surpris de constater le bienfait financier de cette activité culinaire et l'argent ainsi économisé pourra servir à acheter... des livres chez le bouquiniste du coin.

  • Panne des sens... schizophrénie à la française

           Pour ceux qui ont eu le courage de lire le rapport du G.I.E.C. ( groupement international d'experts sur le climat), la version expurgée réservée aux gouvernants s'entend, une évidence s'impose : le pétrole c'est caca, on n'en a plus beaucoup et ce serait une bonne idée de l'économiser. Je simplifie bien sûr. Et me demande si cela valait vraiment le coup de réunir tant de savants pour aboutir à une conclusion aussi courue d'avance. Passons. Ainsi que sur pas mal de leurs études menées dans des conditions parfois douteuses en s'appuyant sur des rapports estudiantins ou de clubs d'alpinisme. Rigueur scientifique... si tu nous écoutes !  Mais là n'est pas le propos principal. Revenons à nos motons : économiser l'énergie pétrolière. Mouvement mis en branle, tardivement certes, depuis quelques années avec des consommations globalement en baisse (moins 3% l'an dernier) grâce à des moteurs moins gourmands et des alternatives aux déplacements privés et professionnels avec des moyens collectifs, convoiturage et transports en commun... et des difficultés financières concourant à une diminution du nombre de véhicules à quatre roues privés au profit des cyclos motorisés ou non.

         Nous devrions donc nous réjouir que moins d'essence soit nécessaire. Et bien non ! Las ! Voilà que l'on se rend compte que les carburants sont transformés dans des raffineries (situées à des milliers de kilomètres des lieux de production) qu'il ne saurait être question de fermer même si pour celle qui nous intéresse elle se trouve en arrêt conjoncturel depuis le mois de septembre dernier. Soyons logiques, on ne peut pas souhaiter une chose sans admettre ce que ce souhait entraîne; baisse de consommation égale baisse de production. D'autant que moins de bateaux circuleront sur les mers chargés de pétrole brut plus les risques de marée noire reculeront. Car les navires transportant des produits raffinés provoquent en cas d'incident des nuisances graves certes mais sans comparaison possible avec les drames engendrés par le pétrole à l'état brut.

        Là se situe l'aspect schizophrénique de notre société. On voudrait tout et son contraire. Moins de voitures mais tout autant d'ouvriers qui les fabriquent. Plus de simplicité dans le fonctionnement mais en maintenant l'emploi dans l'électronique embarqué. Moins de consommation de carburant mais toujours autant d'activité de raffinage. Je ne tiens pas pour négligeable la situation des personnels oeuvrant dans ces différents secteurs d'activité mais toute omelette se fait en cassant des oeufs et peut-être pourrait-on voir ici un manque flagrant de lucidité chez les dirigeants de ces sociétés pour ne pas avoir su prendre en temps voulu les virages qui s'avèrent désormais indispensables. La recherche écologique dans l'industrie peut pourtant être créatrice de nombreux emplois et il serait judicieux que nous mettions nos actes en adéquation avec nos pensées en formant les ouvriers de sites en future désuétude bien avant que ne sonne le glas de leurs usines.

  • dix conseils pour bien écrire

    conseil n°1 : tenir le moins compte possible des conseils

    conseil n°2 : avoir toujours un stylo de secours

    conseil n°3 : n'écrire que sur du papier recyclé ou au verso vierge des pages imprimées

    conseil n°4 : consantir un éfor importan sur l'ortografe et la gramère

    conseil n°5 : éviter les histoires d'eunuque décapité, les lecteurs prisent peu les histoires sans queue ni tête

    conseil n°6 : ne jamais quitter sa maison sans avoir sur soi papier et stylo, on voit bien ce qui arrive en ce moment aux sans-papiers

    conseil n°7 : s'interdire le copier/coller sur les textes des autres et se souvenir qu'à l'école on se retrouvait collé pour avoir copié

    conseil n°8 : ne pas chercher à imiter les auteurs déjà publiés, certains d'entre eux s'en chargent déjà très bien

    conseil n°9 : Admettre que les choses les plus belles ont déjà été écrites et se consoler en se disant qu'il reste encore quelques cases à cocher dans les choses  simplement belles

    conseil n°10 : Lire, lire, et lire encore

  • Quand les hommes vivront d'amour...

          Tout le monde, sauf peut-être les plus jeunes, connaissent cette chanson des trois chanteurs canadiens les plus populaires de la francophonie. Ce texte m'est revenu en mémoire en écoutant un débat à la radio, auquel participaient des auditeurs, à propos d'une pétition, riche de 250000 signarures, qui venait d'être remise au ministère et réclamait l'interdiction de la chasse le dimanche. A l'écoute des intervenants, je compris que la misère n'avait pas trop de tracas à se faire; elle avait de beaux jours devant elle. La concorde entre les hommes semble promise au même avenir que l'avion du même nom.

           Je tiens à préciser que je ne pratique pas la chasse, ne l'ai jamais pratiquée et ne la pratiquerai pas. J'ai déjà été marin-pêcheur durant vingt ans; j'ai assez fait de mal aux animaux. D'accord, c'était pour nourrir les gens... comme la chasse à l'origine. Car avant de devenir un loisir, l'art cynégétique relevait d'un impératif alimentaire. Certes au cours du temps les balances se sont inversées et il est plus facile aujourd'hui de flinguer un sanglier avec une balle dum-dum que ne l'était de tuer un mammouth avec une lance... même si des copains vous donnent la main. Mais là n'est pas le propos. On s'accordera pour dire que tous les chasseurs ne sont pas des viandards avinés prêts à tirer sur tout ce qui bouge. Ce qui n'exclut pas l'argument des tenants de l'interdiction dominicale puisque chaque année une trentaine de personnes trouvent la mort lors d'accidents de chasse. En majorité des chasseurs, précieuse précision, preuve que la nature est bien faite. On admet du coup, expérience vécue, que l'on s'éloigne assez vite des zones de chasse lorsque les petits gars sont dehors avec leurs beaux gilets fluo.

           Mais, il ne faut pas non plus perdre de vue que les chasseurs participent activement à l'entretien des espaces ruraux, qu'ils régulent le gros gibier avec les services de l'O.N.F. et qu'ils chassent sur des domaines privés. Qu'empruntent sans souvent le savoir tous les randonneurs, vététistes et quadistes du dimanche. Nous, savons, et la tendance n'est pas pour s'arranger, que le dimanche reste le jour par essence où la majorité des gens ne travaillent pas. D'où un afflux massif de citadins vers les campagnes. Est-il vraiment si difficile de se partager l'espace rural ? Ne peut-on réserver certains territoires à la chasse et d'autres au loisirs de balade en inversant régulièrement ?

           Sinon, dans le cas où chacun préfèrerait camper sur ses positions, je vois une solution. Radicale. Drastique. Demander au ministre de la culture, c'est toujours Jack Lang ?, d'interdire un dimanche sur deux toute sortie en campagne et de rendre obligatoire la lecture d'un livre ou deux le temps du week-end avec fiche de lecture à rendre le lundi matin à son employeur, son professeur, son chef de service, son frère, son club de tricot... et que sais-je moi ?

  • Est-il judicieux de procéder à une seconde lecture ?

            De prime abord, je serais tenté de répondre par la négative. Lire toutes les oeuvres dignes de l'être réclamerait plusieurs vies; relire constitue donc un plaisir dont on se prive. Au détriment d'un autre me direz-vous. Objection retenue. De bon aloi. J'ai beaucoup relu, même si je m'interdis aujourd'hui de le faire, et je ne saurais blâmer ceux qui s'y adonnent. D'autant que certains ouvrages en relecture livrent des richesses que l'on avait ratées la première fois. Un exemple juste : "Les fleurs du mal" de Charles Baudelaire. A vingt, quarante ou soixante ans. Circulez y'a rien à voir !

           Le débat reste donc ouvert... en matière de littérature. Car dans un autre domaine, une relecture s'impose. Le printemps approche et avec lui les premières feuilles... et les élections. Les unes faisant tomber les autres dans nos boîtes aux lettres ou en tracts sur les marchés (en deux mots hélas). je ne citerai bien sûr aucun parti, ceux qui me lisent savent à peu près à quoi s'en tenir. Et puis, le schmilblick est un blog et ce blog est consacré à la lecture et pas à la politique. Cependant, voilà une matière dans laquelle nos édiles seraient bien inspirés d'une relecture, publique naturellement, de leurs promesses précédentes et cochent toutes celles tenues. Un stylo tous les vingt ans ça devrait suffir. A force de laver plus blanc que blanc peut-être devrions-nous leur emprunter cette couleur le jour du vote; cela les amènerait à rire jaune.

         Ne nous leurrons pas cependant, si à la relecture des programmes le compte n'y est pas ce ne sera pas pour autant que la contrition deviendra un mot d'ordre. Un ancien président, grand ami des vaches, précisait que : "Les promesses n'engagent que ceux qui les croient". Sans doute disait-il tout haut ce que pensaient tout bas ses collègues de travail. Alors, à cette heure où les propositions voleront jusqu'à nous dans leurs enveloppes scellées, attachons-nous à lire, A LIRE VRAIMENT, tout ce qui s'y cache noir sur blanc. Et puisque les écrits restent il ne tient qu'à nous que ne s'envolent les paroles données.

        Merci à Coluche pour ces quelques citations. Il a secoué le mammouth mais n'a pas eu le temps de le dégraisser.

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  • Trop d'accidents de voiture sont dûs aux femmes !

         Les statistiques sont formelles, près de 20% des accidents de la circulation urbaine sont imputables aux femmes. Enfin, j'extrapole un peu. La raison précise c'est l'inattention. Et quoi de mieux qu'une femme pour rendre un homme inattentif ? Je ne parle pas bien sûr des femmes sagement assises derrière leur volant mais de celles qui déambulent en petite culotte et soutien-gorge de panneau 4x3 en affiche d'arrêt d'autobus. Bon, je ne vais pas jouer les bégueules ou les père-la-vertu, moi-même je me laisse dissiper par ces images affriolantes; il faut avouer que c'est le but recherché : attirer l'oeil. Mais voilà, on ne peut l'avoir partout cet oeil  et lorsqu'on conduit c'est sur la route qu'il est le plus sage de le garder. D'autant que les sollicitations sont multiples et que les panneaux publicitaires qui fleurissent pourrissent nos espaces urbains vantent bien d'autres mérites que la beauté féminine. A tel point que la liste exhaustive paraît impossible.

         Tout dernièrement, a surgi une nouvelle race de panneaux, d'immenses 4x3 lumineux et animés placés sur le bord des ronds-points. Le nec plus ultra de la dissipation automobile où tant hommes que femmes peuvent succomber. Je vous laisse imaginer le nombre d'accrochages que ce genre de sollicitations va provoquer. D'accord me direz-vous, il faut bien que les carrossiers et les garagistes remplissent leurs agendas. Certes mais on ne parle que de tôles froissées alors que le vrai drame de l'inattention au volant en milieu urbain c'est que le nombre de cyclistes et de motocyclistes victimes d'accidents ne cesse de croître. Moins futile déjà comme sujet !

         Quelle solution alors ? Une seule me semble raisonnable, dotée de nombreux bénéfices : la suppression des supports publicitaires en ville. De la sorte, moins d'attention détournée, quelques vies sauvées, un paysage urbain réapprivoisé et... moins de dépenses pour les ménages. Ben oui, ça ne sert qu'à ça la pub : nous faire acheter ce dont on pourrait très bien se passer. Quant aux petites culottes et aux soutien-gorge, nos épouses feront ça très bien !

  • Plaidoyer pour une espèce en voie de disparition

        

     

         Je veux parler ici d'un genre littéraire dont les tenants sont de moins en moins représentés alors que... ! Il s'agit en l'espèce de la poésie. Un des arts majeurs de la littérature que notre époque et les responsables d'édition s'efforcent de mettre au placard comme un qui n'aurait plus sa place. Pourtant, à cette heure où chacun se plaint de ne disposer d'assez de temps ( bien qu'il ait là aussi à redire cf : "Quel bonheur d'avoir divorcé" sur ce même blog) quelle meilleure forme d'expression écrite que la poésie. Des textes courts, condensés, le plus souvent livrés sur une ou deux pages. La lecture idéale pour humains pressés. En quelques centaines de mots tous les sentiments possibles, toutes les émotions envisageables, sous quelque forme que ce soit. Car, oublions un peu nos récitations d'enfance, la poésie est certainement le genre littéraire qui caresse le plus de styles, le plus de variations, le plus de thèmes. Il est d'ailleurs étrange que nombre de personnes avouent un penchant pour des chanteurs tels que Brassens, Brel, Vian, Barbara, Bashung, et tant d'autres, qui ne sont en réalité que d'immenses poètes n'ayant trouvé que le vecteur de la chanson pour populariser leurs textes.

           Cet oubli est d'autant plus navrant, et je ne prêche pas pour ma paroisse, que je suis sûr qu'un nombre incroyable de personnes s'essaient dans leur coin à rédiger de petites ballades, de petits sonnets, de petites odes. Prose ou classique, peu importe. Amour ou humour. Tendresse ou cruauté. Fable ou surréalisme. Tendresse ou agressivité. Drame ou comédie. Tout fait feu. Et cela ne réclame qu'un temps très limité car l'écriture est avant tout une création mentale et l'on peut organiser ses mots et ses phrases tout en épluchant ses carottes ou en promenant son aspirateur de pièce en pièce.

          Quant aux très grands, les inclassables, les incontournables, quel bonheur de les redécouvrir avec un oeil devenu mature, de sentir fondre dans la bouche la douce rondeur de leurs écrits, d'apercevoir au travers de leurs prismes la fantasmagorie des paysages, de respirer les prés fleuris qui émaillent leurs vers, de goûter la fraicheur de leur verve amoureuse, de boire aux fontaines acides de leurs colères et désespoirs. Lisez de la poésie. cela prend peu de temps chaque jour et rend notre univers stressé tellement plus accessible... et peu digne de foi.

  • Combien de temps... ?

     

     

         Pour je ne sais quelle raison, faut-il toujours qu'il y en ait ?, m'est revenue récemment à l'esprit une remarque qu'un ami m'avait glissée à l'oreille. Tout un symbole sur la relativité et le fait qu'une chose dite ne se pare pas des mêmes habits suivant les mots avec lesquels on la formule. Importance accrue lorsque la réflexion prend une tournure philosophique. Ladite remarque venait de son grand-père et traitait du temps qui passe.

        En un jour, on peut faire des choses. Pas mal de choses ! Et en trente six mille cinq cents jours ? Beaucoup plus qu'en un jour ! Mais moins qu'en cent ans ? Ah ben bien sûr ! Quelle rigolade ! Et bien non ! Désolé de doucher le bel enthousiasme général. Trente six mille jours et cent ans c'est pareil. Rigoureusement la même durée. Et alors, j'ignore si vous vous faites la même réflexion, on se dit que la vie est courte car cent ans c'est déjà la limite haute du barême. Du coup, vingt-huit mille jours se rapprochent plus du nombre exact de matins que l'on peut avoir la chance de voir se lever... sous nos latitudes privilégiées.

         Revient donc en force cette notion de "carpe diem" chère au Cercles des Poètes Disparus. Rendre au final tout son sens à chaque jour qui passe car toute unité défaillante au bataillon pèsera alors son poids d'amertume à l'heure du bilan que tout être conscient ne manque un jour de faire. Songeons que moins il y aura de morts plus on aura vécu, que ce soit quatre-vingts ans, vingt huit mille jours, six cent soixante douze mille heures ou... presque deux milliards et demi de secondes !

     

  • Quelle jubilation d'être à votre merci

         

     

        Au hasard des pages Internet, de site littéraire en forum nourrissant la même thématique, je suis tombé, sans aucune douleur, sur une maxime très intéressante de Philippe Bouvard, journaliste multicartes dont la longévité dans le métier est si notable que seul son talent (et ses talonnettes) a pu le mener si loin vers les sommets. "L'écriture est comparable à l'amour physique. L'instigateur de l'exercice n'est jamais assuré du plaisir des partenaires qu'il ambitionne de rendre aussi heureux que lui."

          A noter tout d'abord cette notion de partage du plaisir, ambition remarquable quel que soit le domaine d'exercice. L'altruisme et le partage méritent largement qu'on les salue face à l'égoïsme ambiant, tellement marqué qu'il fait figure de vertu... de petit vertu ! Ensuite, ce doute qui accompagne effectivement chaque créateur : quel sera l'accueil réservé à son bébé ? Il a beau y mettre le meilleur de lui et s'attacher à endosser la peau de qui viendra le visiter, rien ne le garantit d'un succès autre que celui de l'estime. D'autant que pour l'immense majorité des créateurs le cercle des admirateurs se limite à celui des membres de sa famille et de ses amis, critiques pour le moins compatissants par essence. Car s'il est difficile d'aimer, il n'en est pas moins difficile d'être aimé, apprécié faut-il ici comprendre.

           Voilà pourquoi je profite aujourd'hui de cet espace qui m'est offert (par moi-même) pour exprimer le bonheur qui fut le mien hier en consultant le livre d'or de ce site. Deux fois dans une seule et même journée s'inscrivait ce petit mot magique à mon adresse : merci. Wouahhh ! Comme ça fait plaisir ! Qu'il est agréable de constater que le plaisir pris dans l'écriture peut être partagé dans la lecture, que ce que l'on a écrit peut en distraire d'autres. Merci donc à ces deux mercis et merci aussi à tous ceux qui laissent de très aimables commentaires sur le livre d'or. Je continue alors ?

          Et puisque nous parlons de merci et de plaisir pris dans la lecture, je voudrais vous diriger vers un ouvrage très intéressant d'un auteur qui ne l'est pas moins : Daniel Pennac. Et vous conseiller la lecture de ce tout petit livre qui ne vous prendra qu'une heure à lire, mais quelle heure !, et qui s'intitule : ... "Merci".

  • Quel bonheur d'avoir divorcé !

             Je vais en quelques phrases vous raconter de quelle manière j'ai divorcé voici un petit plus de cinq ans. Ne vous attendez pas cependant à des remarques croustillantes ou à de petites anecdotes délatrices. Pas plus qu'à pénétrer plus avant dans mon intimité. Je suis quelqu'un de plutôt pudique et je ne compte pas vous abreuver de détails dont vous ne sauriez que faire. Je vous dirai simplement qu'il fut relativement facile de rompre. Nous avions pourtant tout connu ensemble. Des joies, des peines, des bonheurs, des drames. Des pannes aussi. Qui à chaque fois me rendait triste et un peu frustré. Notre histoire durait depuis si longtemps ! Mais il était vain de continuer à se raconter des histoires. Je l'écoutais de moins en moins, je ne la regardais pour ainsi dire plus. Sa seule présence m'indisposait déjà. Et je ne parle pas de son insupportable verbiage continuel du matin au soir pour ne finalement ne pas dire grand-chose qui vaille que je m'y intéresse. Elle était de surcroît devenue de plus en plus large au fil des années, imposante presque. Dimensions inversement proportionnelles à l'intérêt que je ressentais pour elle.

            Alors un jour, enfin conscient que cela ne rimait à rien de s'acharner, je l'ai laissée tomber. Mais pas méchamment ! Pour être exact, je l'ai refilée à un copain qui lorgnait sur elle depuis quelques temps déjà. Il la voulait. Qu'il la prenne! Je n'avais aucune intention de lutter pour la conserver. Et je vous avoue, sans aucune honte, que depuis ce jour je revis. Je vais de nouveau au cinéma, je participe aux conversations , je fais des jeux.  Et surtout, je me suis remis à la lecture. Je lis, de tout, à toute heure ! Je vis quoi ! Et sans vouloir influer sur votre vie, je vous encourage à faire de même. Vous verrez comme l'existence devient plus agréable. Divorcez ! Divorcez par pitié ! Divorcez de votre télévision !!!

  • Où l'impatience se justifie !

         Je n'avais plus un poil de sec et la pluie de cet été torride ne semblait pas disposée à lever le pied. Je l'aurais bien maudite si ce n'avait été grâce à elle que j'avais pu fausser compagnie à mes gardiens. Oh je ne me faisais guère d'illusions ! J'avais passé l'âge. Je me doutais que les flics étaient à mes fesses et qu'ils me feraient payer ma petite plaisanterie à grands coups de verge. En prison, les discussions tournent rarement autour du sexe des anges. Mais bon sang que cela faisait du bien de respirer un air libre !

         L'enseigne rouge me lançait de grands clins d'oeil et je pénétrai sans hésiter au sein de l'établissement. Elle me creva aussitôt les yeux. Blonde. De celles qui ont la classe. Tentante. Attirante. Elle trônait au comptoir. Seule. Pas là depuis longtemps puisque des gouttes coulaient encore au long du rond de ses formes. Mon coeur bondit dans ma poitrine. Je n'avais pas un rond sur moi mais ne me posai aucune question. Je n'étais plus à une embrouille près. En basculer une, j'en rêvais depuis dix ans que je croupissais en cabane. Je tendis la main bien avant de l'atteindre. Personne ne faisait attention à moi. Tant pis pour les bonnes manières ! J'empoignai le verre et fis couler la fraîcheur ambrée au fond de mon gosier.

         Déçu(e) ? Les bières aussi peuvent être blondes, ou brunes, ou rousses. C'est sans doute pour ça que les gars aiment tant ça. Ce petit exercice de style n'est pas aussi fortuit qu'il y paraît. Il montre que la lecture peut parfois nous mettre sous influence et entraîner notre esprit vers de fausses idées car les mots de notre langue, riches de multiples sens, peuvent prêter le flanc à confusion. La preuve ? Je lie ce billet aux tags : blonde, sein, sexe, poitrine, torride, fesses, verge, pied et poil. Anonymes dans le texte, je suis curieux de connaître l'impact qu'il auront sortis de leur contexte.

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  • A propos d'Apostrophes

          Il est désormais de bon aloi de rendre des hommages posthumes, sincères ou non. Comme dirait Brassens : l'idée est excellente mais peut-être serait-il plus judicieux de saluer les êtres rares de leur vivant. Je voudrais donc mettre à profit ce petit billet pour glorifier un homme d'une valeur exceptionnelle : monsieur Bernard Pivot. Un peu sous l'éteignoir depuis qu'il n'est plus sous les feux des projecteurs télévisuels, cet amoureux des lettres a su se rappeler à notre bon souvenir lors du procès d'intention fait à Marie Ndiaye, récente lauréate du dernier prix Goncourt. Je ne reviendrai pas sur la polémique, si ridicule que le mépris est la plus noble manière de la traiter, mais sur le vigoureux rappel à l'ordre de Bernard Pivot quant au respect des auteurs et de leurs textes. Il fut un des rares à s'élever contre la fatwa intellectuelle lancée à l'encontre de Marie Ndiaye par les censeurs d'une république oublieuse du sens que revêt le mot liberté.

           Rien cependant d'étonnant à cela lorsque l'on sait l'amour que cet homme a porté aux auteurs et à leurs oeuvres des années durant. Beaucoup de livres ont été popularisés grâce à la qualité des présentations qu'il savait en faire. Nombre d'écrivains désacralisés dans l'excellent sens du terme par le biais de cette "Apostrophes" d'émission qui révélait combien les gens amoureux d'écriture méritent que l'on s'intéresse à leur travail car derrière chaque texte se cache un petit morceau d'une inestimable mémoire collective. Bernard Pivot arbitrait parfois des débats houleux mais toujours avec une élégance remarquable et le plus grand respect de ses invités. Le monde des lettres lui doit beaucoup et il serait de bon ton de lui rendre l'hommage qu'il mérite alors qu'il est encore parmi nous. Il serait idiot de dire plus tard : C'est bête, il n'est plus, nous allions presque lui dire combien nous l'aimions.

          Merci monsieur Pivot pour ces très riches heures de télévision et vos interviews pleines d'à-propos. Quant à vos dictées... le diable en rit encore !

  • Sommes-nous tous décérébrés ?

         Le terme est fort, j'en conviens, mais après un petit tour en grande surface me voilà dubitatif, pour ne pas dire circonspect, et j'aimerais pour le coup rebondir sur un précédent billet de ce blog : Peut-on lire de tout ?

         Passe que les plus grosses ventes d'hebdomadaires relèvent de la presse people (ou plutôt pipol tant francisé le mot dès le début prend tout son sens), que chaque homme (ou femme) publique se sente le devoir de commettre un ouvrage le concernant (Narcisse que tu refleuris bien !), voilà que maintenant on atteint au paroxysme du n'importe quoi. Après Chirac, Juppé, Royal... voilà qu'arrive Jospin. Après les ex madames Besson et Treiber, voilà que je découvre, en tête de gondole s'il vous plaît, un livre intitulé : Dans l'ombre de Rachida". Il ne s'agissait pas hélas du dernier Tahar Ben Jelloun mais d'un livre pondu par le frère de l'ancienne Garde des Sceaux (ou des sots).

        L'eût-elle elle-même écrit, mettant à profit le profond ennui qu'elle avoue volontiers ressentir à Bruxelles, que je n'y aurais vu aucun inconvénient. Juste la preuve que les hommes politiques ont décidément beaucoup de temps à consacrer à des tâches qui ne sont pas les leurs. Mais là, je suis resté sur le flanc. Imaginez un instant que tous les proches de tous ceux qui ont une certaine notoriété se mettent à écrire et nous voilà en route pour l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours. Intérêt de la chose : zéro!

        Attention, je ne reproche pas au frère de l'ancien ministre de s'amender par l'écriture, il ne peut qu'être loué pour ça, mais je m'interroge sur les critères de sélection des éditeurs. Je veux bien que ces maisons visent au commercial et prennent de moins en moins de risques mais là on commence à friser l'insane, le ridicule, à saoûler les gens avec des ouvrages fourre-tout pour humain décérébré. Où se cache le mieux-être culturel qu'on nous avait promis si nous nous mettions à lire ?

        Je ne vois hélas qu'une seule attitude pour contrer ces basses manoeuvres mercantiles : laisser reposer en paix (voire en pets) ces livres malodorants aux remugles infects ne présentant d'intérêt que pour ceux qui les écrivent. C'est pourquoi je vous engage mes bien chers frères de galère éditoriale à répandre ce message. D'avance merci pour nous.

     

  • Et pourquoi pas !!!

         Un petit billet très bref pour saluer l'an neuf. Et une idée pour passer toute l'année au vert : la lecture. La preuve ? On dit que c'est en forgeant que l'on devient forgeron et bien de la même manière en lisant on devient liseron!!!

  • Un brin de philosophie pour occire l'année en douceur

        Depuis qu'un certain débat agite les microcosmes politiques de deux galaxies se voulant représentatives, revient sans trêve la sempiternelle déclaration des droits de l'homme et du citoyen dont notre pays se gargarise à s'en faire exploser les amygdales. Afin de rafraîchir ma mémoire, parfois claudiquante, je me suis décidé à une relecture dudit texte. Je vous rassure tout de suite, je n'ai pas franchi le cap du premier article. Comment vouer crédit à un texte dont la base numéro un repose sur des sables mouvants ?

          "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Ben voyons ! Fils d'ouvrier, fils de notaire ? Pareil ! Fille de paysan, fille de P.D.G. ? Idem ! Bien basané, pâle de peau ? La même chose ! Pauvre/riche, grand/petit, intelligent/demeuré, laid/beau, rural/urbain ? Tous égaux ! A preuve, au fronton des édifices civils cette maxime dont nous sommes si fiers : Liberté, Egalité, Fraternité. Il me semble nécessaire de disséquer le mot en sandwich dont la révocation, à mon humble avis, permettrait aux deux autres de retrouver la plénitude souhaitable de leur sens.

           L'égalité de naissance est un concept tellement improbable que l'on peut le dessiner comme une utopie. Qu'existe-t-il dans la Nature qui soit d'emblée égal à ses semblables ? Chaque couvée, chaque portée, présente son lot de faibles et de forts. C'est ainsi, ni juste, ni injuste. Naturel. L'homme fait partie intégrante de la nature et subit cette loi immuable. A cette différence près qu'il sait et peut ( s'il le désire ) niveler les inégalités inhérentes aux aléas de la naissance. Cette faculté a un nom : l'équité. Ce petit mot magique permet de raboter ce qui est en trop et de rajouter là où il y a défaut. Non dans le but que les hommes d'où qu'ils soient deviennent égaux mais juste pour qu'on les traite de telle manière que les disparités initiales dont ils ne sont responsables deviennent caduques.

        Et puisque nous aimons montrer l'exemple, mon voeu le plus cher serait que l'on revisite ce slogan fer de lance d'une nation libertaire afin que nous nous enorgueillissions de cette maxime : Liberté, Equité, Fraternité.

  • Des livres et nous... du mal!

        Un petit plagiat d'un titre phare de Romain Sardou (bon bouquin soit dit en passant) pour un plaidoyer pour la lecture en cette saison où les jours plutôt gris basculent très vite de l'aube à la nuit. Quelle meilleure distraction, pour qui s'en réjouit, que celle de la lecture. Du ciel sous bâche ? Un petit roman africain à l'ombre des banians ou sud-américain dans la pampa argentine ! Quelques bleus à l'âme ? Un livre recelant l'humour nécessaire à la guérison (l'embarras du choix est tel qu'un conseil est superflu) ! Besoin d'amour ? Tous les ouvrages hissant ce sentiment à toutes les cîmes du possible en empruntant tant de chemins différents qu'il semble improbable qu'il n'en existe pas au moins un pour chacun ! La hantise du temps qui passe ? La philosophie sous toutes ses formes, qu'elle soit laïque ou religieuse, transformera cette crainte en remettant à leur juste place ces vilains démons mortifères qui hantent parfois nos pensées !

        La lecture est un hâvre où chaque sentiment peut se reposer, une source à laquelle tous les tracas peuvent s'abreuver. Le temps d'un livre on part si loin, si bien, si fort, que les valises qui encombrent parfois nos existences avec leur triste pragmatisme restent sur le quai de la gare d'embarquement, trop pesantes pour voler avec nous. A tel point que parfois, lasses de nous attendre, certaines se dégonflent incapables de résister au mépris avec lequel on les a traitées le temps d'une lecture. Il faut dire que les héros de certains ouvrages ont des tracas tellement plus douloureux que les nôtres que l'on ne se sent plus le droit de s'appitoyer sur soi-même au retour du voyage.

           Délivrons-nous du mal en nous soignant donc d'une manière naturelle et festive : la lecture. Le traitement ne coûte rien... ou presque. Que le trajet jusqu'à la plus proche médiathèque.

  • Piège nuptial

          Pas de gorges chaudes ni de scoops révélateurs. Il ne s'agit là que du titre d'un livre de Douglas Kennedy initialement paru sous le titre "Cul-de-sac". Cadeau de Noël. Ceux qui me connaissent savent bien que m'offrir, allez ! Un bouquin, ou deux, et voilà ! Pas à se creuser la tête, ils savent que cela me fera plaisir... d'autant plus s'il s'agit d'un bon livre. C'est en l'occurence le cas , suspens, humour, originalité. Avec toutefois un bémol, en ce qui me concerne uniquement : le style, et dans un moindre degré le genre. J'ignore si l'ouvrage a été édité chez Gallimard (série noire) lors de sa sortie première mais il l'aurait mérité dans tous les cas. Et c'est là que le bât blesse dans mon cas.

           Je crois que j'ai abusé de ce genre dans ma folle jeunesse et qu'un sentiment de déjà lu s'impose tout naturellement. Cela, je l'avoue, me gâche un peu le plaisir de la lecture. Et, sans vouloir me montrer doctoral, ce n'est pas le genre de la maison, je ne saurais que trop conseiller à ceux qui aiment lire de s'investir dans toutes sortes de genre et de jongler de l'un à l'autre et d'un ouvrage au suivant afin de ne pas amener le curseur à son paroxysme dans un genre littéraire bien établi. Cette remarque n'a d'autre but que d'inciter chacun et chacune à ne pas chercher à tout prix à dévorer un auteur que l'on découvre de A à Z sans se ménager des pauses, assez longues si l'on s'en sent le courage, car la même mélodie interprétée sur différents tempos finit toujours par un peu lasser. Il est déjà tellement difficile pour un écrivain de trouver son style que l'on ne peut imaginer que celui-ci soit variable et intéressant à l'infini d'un ouvrage à l'autre.

  • De l'importance des mathématiques dans le traitement des blessures du coeur

          Au commencement il n'y avait rien. Affaire à suivre ! Puis vint l'homme. Qui, après quelques milliers d'années, installa ses troupeaux en ville. Pour les gérer, il inventa la politique afin de mieux orchestrer le chaos. Entretemps, les lois avaient vu le jour, le savoir avait crû de siècle en siècle et avec lui les mathématiques et la philosophie. Ces deux matières étaient indissociables et leur enseignement se prodiguait en commun.

          Au jour d'aujourd'hui, l'interpénétration de ces deux disciplines a pratiquement disparu, et certainement pas par le plus grand des hasards. Exit Platon, Euclide, Pascal, Newton, Descartes et tant d'autres. On traite désormais les problèmes économiques sans tenir compte de la philosophie et l'on n'intègre pas les mathématiques pour le mieux-être de l'humain. Pourtant, afin qu'un problème soit traité de manière juste et sereine, ne serait-il pas judicieux de poser les bases initiales de son étude, d'établir toutes les vérités à son propos en se référant au précepte des trois passoires de Socrate quant à la Vérité ? Quelle est cette vérité ? D'où vient-elle ? A-t-elle une quelconque utilité ?

           Tout problème de société, qu'il soit économique ou social, se doit d'être étudié dans le respect des deux sciences qui sont à même de le régir. Comment résoudre un problème dont les données seraient erronées et comment mettre en pratique une théorie fallacieuse ? Seul le point d'équilibre entre ces deux points de vue permet d'élaborer un dispositif à la fois juste et usuel à tout problème d'ordre humain qui se pose. Peut-être alors commencera-t-on à se poser la vraie question : vaut-il mieux vivre pour exister ou exister pour vivre. Ce qui recentre la question du travail vers des valeurs de respect et de répartition plus juste des richesses produites tout en limitant les besoins à ce que réclame le nécessaire vital.

           Et comme ce blog est par essence consacré à la lecture, je ne saurais trop vous recommander la lecture du roman de Denis Guedj : "Le théorème du perroquet" qui aborde ce sujet d'une manière autrement plus brillante que l'ébauche que je vous ai livrée ci-dessus. Je vous concède que la lecture de cet ouvrage ne peut prendre tout son sens que si l'on possède des notions mathématiques un peu poussées.

  • Lecture et bonne santé

               D'après une étude scientifique réalisée par mes soins auprès d'un échantillon représentatif de une personne (sic), je suis arrivé à la conclusion que lire peut permettre à l'homme de demeurer en bonne santé. Il suffit pour cela qu'il dispose d'une bonne vue, d'une loupe et d'un fascicule vulgarisateur. Que doit-il lire? La liste des ingrédients que contiennent tous les produits alimentaires qu'il achète. C'est pour cette raison qu'il doit posséder un bonne vue afin de repérer sur l'emballage cette mention obligatoire... rédigée en français! La loupe lui sert alors à parvenir à déchiffrer les caractères écrits si petits qu'on a l'impression que les mots se touchent. Le petit manuel lui est dès cet instant utile pour comprendre ce qu'il lit. Car les agro-industriels sont malins (nous n'en doutions pas une seconde !) et s'ingénient depuis quelques années à remplacer la série terrible des E (de 100 à 980) par leur traduction en lettres. Ce n'est pas par pur souci de vérité. Que nous importe d'ailleurs que le E 225 soit le sulfite de potassium ou le E 472a l'ester diacétyl-acétique d'acides gras ! A moins d'avoir usé nos fonds de culotte pendant des années sur les bancs de la faculté de chimie cela ne nous parle pas. Mais nous perturbe car nous avions appris à nous méfier de ces rafales de E qui se font concurrence sur les emballages.

          Et c'est là qu'intervient le petit fascicule et la propension de l'homme a utilisé la lecture afin de se maintenir en bonne santé. Car tous les additifs alimentaires ne sont pas à mettre à la poubelle (quoique !) certains sont innofensifs mais d'autres sont redoutables voire cancerigènes ou cancerogènes ( la différence n'est pas subtile). En utilisant un guide du type du mien (Les additifs alimentaires. Corinne Gouget) on peut laisser sur les rayons les produits en charge de nous empoisonner et prendre ceux dont les concepteurs ont eu à coeur (ou à porte-monnaie) de privilégier des ingrédients sains. Car il ne faut pas se faire d'illusions, si nous ne forçons pas les agro-industriels à réviser leurs cons positions (jeu de mots) ils peineront à le faire d'eux-mêmes.

         Je vous accorde que la lecture et l'étude pendant la rude épreuve des courses ne fait pas gagner de temps mais un peu de saine lecture vaut bien qu'on y sacrifie quelques minutes surtout si au final on gagne quelques années de vie... en faisant travailler des producteurs à visage humain plutôt que l'industrie chimique.

  • De l'importance de la lecture dans le traitement du climat

           J'ai récemment découvert l'existence d'un géophysicien de renom : Vincent Courtillot par le biais d'une émission radiophonique ( Parlons.net ). Cet homme a étudié pendant trois ans l'incidence de l'homme sur le réchauffement climatique. Ce qu'il en pense et ce qu'il jugerait préférable de faire, je vous laisse libres de le découvrir et de vous faire votre propre opinion sur ce qui agite l'actualité depuis quelques semaines et continuera sans doute à le faire durant encore quelques mois. Je n'ai de toute façon aucune compétence intellectuelle dans le domaine qui est le sien pour infirmer ou dénier ce qu'il présente d'ailleurs comme sa vérité car cet homme s'avère de toute évidence soucieux de tolérance et ouvert à tous les septicismes. Je précise là que titulaire d'une chaire, il a enseigné tout ce que valide le GIEC avant d'avoir étudié de plus près de quoi il ressort. Je m'avoue toutefois dubitatif depuis l'avoir entendu s'interroger sur les chemins que souhaitent nous faire prendre nos dirigeants et me demande si les priorités qu'il annonce plus urgentes ne sont pas les vraies.

            Tout ce doute est en fait né, outre le calme et la clarté de son discours, de ses explications quant à la constitution du GIEC (Groupement d'Experts International sur l'Evolution du Climat ) et le tour de passe-passe établi après que celui-ci ait rendu son rapport. Au départ, un rapport de plus de mille pages synthétisant les rapports, études, expertises et conclusions, sanctionnant de longs mois d'étude. A l'intérieur de ces mille pages, un nombre important d'annotations d'experts exprimant leurs doutes. MIlle pages, c'est long à lire. Le GIEC a donc résumé sa pensée en un recueil de cinquante pages destiné aux scientifiques. Puis dans un fascicule d'une trentaine de pages dévolu aux conseillers politiques des dirigeants du monde. Dans ces deux synthèses ,tous les avis à contrario ont disparu et seule subsiste une ligne unique de pensée révélant l'unanimité des experts réunis. De surcroît, le rapport de mille pages n'a pu devenir accessible aux responsables politiques qu'après qu'ils aient ratifié et approuvé le fascicule de trente pages. Curieuse manière d'informer et étrange chronologie pour ce que l'on aimerait de la rigueur scientifique. De là à conclure à un complot dévolu à des visées financières, il y a un fossé monstrueux que je ne me risquerai pas à franchir par manque d'informations précises.

              Une chose m'apparaît en revanche indéniable et inquiétante c'est qu'une lecture doit être complète avant de valider un texte. Et que le résumé dudit texte n'a pas droit de citer s'il omet sciemment tout ou partie de ce qui compose le texte initial. Comment saurait-on avoir un avis sur un sujet dont on ne serait informé qu'à demi ? D'autant qu'en général ce qui est omis est ce qui dérange les rédacteurs. La pensée unique est un drame dont il faut se défier à défaut de quoi la lobotomisation latente par un traitement larvé de l'information deviendra une norme dont on peinera à s'extirper. Je doute que les peuples, au sens vulgarisé du terme, en sortent grandis.

  • Le prix des prix !!!

     

            Mes premières satisfactions intellectuelles d'écrivain, je biffe le cercle familial trop poli pour qu'on le croit honnête, sont arrivées par la poste sous forme de récompense plus ou moins importantes, financières parfois, à l'issue de la proclamation du palmarès de concours littéraires auxquels j'avais participé. Je voudrais par le biais de ce post pousser un petit cri de colère, Aaaaah!!!, c'est fait, contre les pratiques qui se font désormais courantes comme la monnaie du même nom. Les frais de participation à ces concours sont de plus en plus élevés et je m'interroge sur la validité de ces pratiques. Que les clubs ou associations diverses et variées aient besoin de quelques subsides afin d'exister, je ne le nie pas, que les municipalités, départements et régions, sollicités de toutes parts et abandonnés par l'Etat, manquent de fonds à distribuer sans compter, je ne le nie pas non plus mais alors que les frais de participation se montrent au moins à la hauteur des prix que l'on propose aux auteurs. Déjà qu'en règle générale on leur demande d'abandonner leurs droits pour la publication dans la revue mensuelle de Saint Machin du trucmuche ! Il existe de moins en moins de corrélation entre les frais de participation et le lot promis au vainqueur. Ce n'était pas glorieux il y a quelques années mais ce n'est pas en voie de guérison. Alors, si vous désirez participer à des concours de ce genre n'ommettez pas de préciser au moteur de recherche dont vous vous servez : gratuit... ou modique mais je ne suis pas sûr qu'il comprenne le sens de ce mot.

           Regardez aussi qui compose le jury. Souvent des écrivains. Au moins trois quelques fois. Très connus par leur boulangère ou le charcutier du village. Ne vous risquez pas à être désavoués par des gens qui pourraient n'être intéressés que par l'argent. Mais chut !!! Il ne faut pas dire des choses comme ça, ce n'est pas gentil. Quelle importance ! Vous croyez qu'ils sont gentils les critiques littéraires ? Parce que les faux écrivains sont des critiques en puissance. Mais il s'agit d'un tout un autre sujet ! C'est vrai ! Déjà traité d'ailleurs. Mais c'est bon de remettre une petite couche de temps en temps parce que des bêtises, on en trouve ailleurs qu'à Cambrai !

     

  • Littérature et cinéma

            Entendu récemment cette question posée à une petite fille : "Qui est l'auteur de Blanche-neige ?" Réponse : Walt Disney!  Bon, je ne vais pas traiter cet homme d'usurpateur. D'une il est mort, et donc s'en contrefiche, deux ses studios ont tellement bien géré la chose que la petit fille mérite amplement qu'on l'excuse. Que les frères Grimm se rassurent, et qu'ils ne fassent pas trop les fiers parce qu'ils ont un peu copié eux aussi dans l'affaire, ils ne sont pas les seuls que le cinéma ait phagocyté pour mieux se les approprier. Elia Kazan n'est pas l'auteur d'Un tramway nommé désir et Jean-Jacques Beneix n'a pas écrit 37°2 le matin. Seuls les puristes, ou les tenants de la lecture, se souviennent que Tenessee Williams et Philippe Djian sont les vrais créateurs de ces oeuvres. Oubli très souvent renforcé par la popularité du cinéma et surtout de sa petite soeur télévision armée de son terrible fusil à répétition de rediffusions.

             Je ne critique pas ici le fait que le cinéma puise dans la littérature pour charmer son public, quelle fierté pour un auteur que de voir son oeuvre faire le tour du monde en images, mais le fait que la majorité des spectateurs à se rendre aux projections y vont sans avoir lu le livre, soit par ignorance, soit par manque de goût pour la lecture. C'est en ce sens que mon billet se veut critique car là encore on retrouve un des travers de notres société pressée : le prêt à consommer. Tout le drame du cinéma lorsqu'il emprunte une oeuvre littéraire c'est qu'il bride l'imagination du spectateur et que les acteurs qui interprètent les héros leur imposent dès cet instant de leur indissociable physionomie. Les exemples sont légion de héros que l'on ne saurait dissocier des acteurs qui ont épousé leur rôle. C'est d'autant plus brimant que tout le côté intériorisation d'un livre disparaît dans sa transposition cinématographique. D'ailleurs, et peu pourront me contredire, tout le monde ou presque a entendu cette phrase : "J'ai bien aimé ce film mais le bouquin était mieux". Ce qui à l'évidence n'est pas l'exacte vérité car ce qui était mieux dans le livre n'était pas la trame que le scénario respecte en général assez bien mais toute la construction intérieure que s'était faite le lecteur sur les non-dits du livre (quand bien même il ne s'agirait que de détails) et qui sont absents dans le film puisqu'aucun réalisateur ne saurait adapter l'oeuvre au goût du lecteur, à moins qu'il en tourne plusieurs milliers de versions.

             N'en demeure pas moins qu'il ne faut pas opposer littérature et cinéma puisque ces deux arts sont tout naturellement complémentaires et qu'ils s'aident mutuellement à exister. La vraie chose que je voulais exprimer c'est qu'il est souhaitable de lire d'abord le livre dont on a fait un film afin de ne pas être déçu par l'oeuvre cinématographique. Et tant pis si l'on connaît déjà l'histoire. Je n'ai, pour ma part, qu'un seul exemple à citer de qualité égale d'une oeuvre écrite et réalisée : La ligne verte. Mais peut-être en connaissez-vous d'autre.

  • Faut-il abroger le racisme ?

         Je ne parle pas bien sûr ici de la haine de l'autre mais du mot par lequel on la désigne et j'use à volonté du terme abroger car il serait peut-être temps que l'on bannisse à jamais ce mot du vocabulaire car il entretient l'illusion nauséeuse que la race humaine pourrait subdivisée en plusieurs sous-races. Le racisme  ce rejet d'autres hommes et non d'autres races ( lapins et belettes vous voilà rassurés!) tel qu'il est défini justifie par ailleurs l'ethnocentrisme . Les défenseurs de ces deux courants de "pensée" semblent aussi nauséabonds l'un que l'autre. D'aucuns objecteront qu'il s'agit là de sémantique pure et que si l'on ne s'en satisfait pas on peut user de termes moins génériques tels que la xénophobie, le nationalisme ou l'ostracisme ( ça vient des huïtres et des  sénateurs romains qui s'en servaient pour voter. Ils sont fous ces romains!). D'accord. N'empêche que je me souviens de mes cours de géographie lorsque j'étais enfant dans lesquels on nous expliquait que les hommes se répartissaient en trois races, une blanche, une noire et une jaune. J'aimerais être certain que ces stupidités scolaires ont bien été expulsées (par charter s'il le faut) des manuels de nos chères têtes blondes (pardon, c'est maladroit de ma part, je veux dire de nos chères têtes multicolores) afin que périsse à jamais cette idée que la couleur de la peau peut faire varier la race. Appelons un chat un chat quel que soit la couleur de son pelage.

            Brisons donc là avec le racisme et les wagons qu'il traîne en remorque : la peur de l'autre, de sa religion, de sa culture. Pour ce qui est des autres, lisons un maximum d'ouvrages d'auteurs étrangers et nous nous apercevrons bien vite que les aspirations auxquelles ils souscrivent ressemblent énormément aux nôtres. En ce qui concerne la religion, la lecture en version expurgée des trois livres majeurs des grandes religions monothéistes ( Coran, Torah, Bible) nous convaincront que les différences ne sont pas si grandes que tentent de nous le faire accroire ceux qui les pilotent. Quant à la culture, il paraît étonnant de lui vouer méfiance puisque chaque pays est issu d'un maëlstrom de civilisations successives et que si pour nous français un certain doute devait subsister la consultation du dictionnaire (mince, encore un truc à lire!) nous révèlerait que l'origine de nos vocables dépasse largement le cadre de nos frontières et qu'il serait surprenant que cet état de fait soit le fruit du hasard.

  • La publicité nous voudrait-elle du mal ?

        J'apprends par la radio qu'une enseigne de la grande distribution offre aujourd'hui même 10% de remise sur tout le magasin. Mince, c'est bête, ils se sont trompés, nous sommes dimanche. Allez, j'ironise, mais bravo pour la perversité, reconnaissez-le (c'est vrai qu'on sera bien mieux le dimanche dans les magasins à dépenser les sous qu'on n'a pas plutôt que d'aller se balader avec les enfants !). D'autant que cette même enseigne a lancé une campagne radio depuis deux bons mois en terminant tous ses spots par : "chez C... le positif est de retour !" Super, mais si je comprends bien ça veut aussi dire que pendant quelques années il était parti en vacances le gros positif et que C... en a profité pour s'engraisser sur le large dos des consommateurs... et des producteurs par le jeu frelaté et vicieux des marges arrières et de la concurrence à couteaux tirés. Mais ne lui jetons pas la pierre, tous les autres sont derrière, achetons d'abord une carrière !

          Et pour rester dans le même registre publicité-radio, je voudrais faire un petit détour sur deux spots qui polluent actuellement les ondes. L'un vante les mérites d'une cigarette électronique, l'autre les vertus de pilules qui permettent de maigrir lorsqu'on a trop mangé. Je glisse très vite sur les scénarios audio qui introduisent ces deux publicités, féministes il vous reste du pain sur la planche, et sur le réalisme des protagonistes dont l'encéphalogramme doit cadrer avec le pays que chérissait Jacques Brel. La cigarette électronique (bien qu'elle contienne encore de la nicotine) a remplacé les goudrons par des éthylène-glycol et la pilule pour maigrir le sucre par de l'aspartame. Si vous pensez que ces deux substances contribuent à nous maintenir en bonne santé faites un petit tour de piste sur le grand cirque du Net et vous serez surpris par ce que vous y lirez. A noter que ces deux produits sont en vente en pharmacie. Moi qui pensais que ces officines vendaient des médications !

           Juste un petit conseil en conclusion : avant de tomber dans tous les pièges que nous tend la publicité (c'est son rôle et elle le fait bien) informons-nous, lisons les petites lignes des formulaires et voyageons tout en restant lucides dans les pages, papier ou électronique, qui traitent de ces sujets car comme le disait si justement Coluche : "Quand on pense qu'il suffirait que les gens ne l'achètent plus pour que cela ne se vende pas!". Nous avons les armes pour nous défendre et rien ne nous empêche d'armer ceux qui sont bras ballants afin de ne plus acheter ce qui nous dessert... et surtout le dimanche !

     

  • Peut-on lire de tout?

         Non, non, il ne s'agit pas d'une faute de frappe ! Mais d'une grave question. A l'heure où l'orthographe et la grammaire se réinvitent en faculté afin de rafraîchir les mémoires estudiantines défaillantes (langage sms tu vas te faire tirer les oreilles !) la question des lectures sérieuses ou pas se pose à nouveau. Combien de fois avons-nous entendu nos professeurs de français ou nos parents juger telle lecture digne et telle autre dépourvue d'intérêt ? Je passe volontairement sous silence les textes étudiés de classe en classe que seuls les enseignants rebelles savent agrémenter de pauses plus savoureuses. Comme on fait feu de tout bois, la seule différence réside dans le fait qu'il chauffe différemment, toute lecture me semble intéressante quel qu'en soit le support. Nul plaisir ne saurait être boudé au prétexte qu'il ne correspond pas à la norme, ce fameux goût des autres qui prend les traits pervers de la pensée unique. Qu'importe la profondeur du texte, sa portée philosophique ou l'enseignement qu'il procure pourvu que les mots qui s'y marient soient bien orthographiés et liés grammaticalement. Notre langue possède certes des règles particulières mais n'est-ce pas là aussi ce qui en fait sa richesse ? Toute société vit par ses lois, mais pas pour ses lois, et si "dura lex sed lex" peut parfois mettre en rage on ne peut occulter le fait que l'ethymologie rappelle à nos mémoires grecques et latines, voire arabes, ou saxonnes, ou serbes, ou asiates, ou ..., que notre identité que l'on voudrait nous faire avaler comme nationale posséde toute une arborescence multiculturelle et polyglotte. Lisons donc de tout et sous toutes ses formes car c'est dans le pluriel que l'on construit des êtres singuliers.

  • Critique, de lard ou du cochon ?

          Pour toute personne qui crée, dans quelque domaine que ce soit, sévit une espèce redoutable : les critiques. En règle générale, ce sont des gens qui n'ont rien fait dans le domaine où vous vous essayez mais qui se targuent de savoir évaluer ce que vous faites. Je ne sais pas si vous êtes auditeurs occasionnels de l'émission de France Inter Le masque et la Plume mais elle vaut parfois son pesant de cacahuètes pour la virulence de ses chroniqueurs à l'égard d'auteurs dont le seul tort est d'avoir écrit un livre qui ne leur plaît pas. Mais là encore, la concorde ne règne pas toujours. Ce que l'un démonte l'autre le rebâtit en toute hâte. A tel point que l'on ne sait pas toujours si l'ouvrage mérite d'être lu ou non.

          Je ne prétend pas bien sûr que la critique est inutile mais je demande qu'elle soit respectueuse et constructive quel que soit le domaine abordé. Que l'on se souvienne de l'accueil à Cannes du Grand Bleu ou des premières toiles de Picasso. On peut très bien ne pas aimer ce que fait quelqu'un sans chercher pour autant à le blesser. J'espère ne pas m'être montré trop critique avec les critiques, ce serait idiot de tomber dans le piège que l'on vient de creuser et avant de lâcher le clavier, je vais vous raconter cette anecdote vécue par Alphonse Allais qui en un trait d'humour a vengé tous les auteurs traités avec mépris.

          Au cours d'un soirée, l'écrivain vient à rencontrer un critique toujours très acerbe avec lui. Je me dois de préciser qu'à cette lointaine époque, le papier toilette n'existait pas et que les feuilles de journaux coupés en quatre remplaçait celui-ci ( je précise avoir connu cet usage chez mes grands-parents). Le critique s'approche donc d'Alphonse Allais et d'un ton douceureux lui demande s'il a lu sa critique dans le journal de la veille. Grand seigneur, celui-ci le toise et lui répond sans aménité : Je l'ai parcourue tantôt d'un derrière distrait !               Sublime non?