Histoire et géographie

        Un nouveau séisme médiatico-politique secoue le landerneau éducatif. Voilà que l'on voudrait réformer l'apprentissage de l'histoire et de la géographie dans les classes de terminale scientifique. Plus d'heures en première et le bac à la fin de cette année, les deux matières devenant optionnelles en terminale. Branle-bas de combat immédiat du corps enseignant relayé par la classe politique. Comme on le comprend bien, tempsque l'on débat de ça on ne se fâche pas du reste.

       Deux pensées me viennent à l'esprit. Si l'on juge que les jeunes dès dix-huit ans possèdent assez de maturité, ce dont je ne doute pas, pour glisser un bulletin dans une urne, est-il si insensé d'admettre qu'ils disposeront d'une identique dose de maturité afin de savoir si cet enseignement optionnel les intéresse ou pas ? Ensuite, et c'est sans doute le recul de l'âge qui me permet de dire ça, que reste-t-il de l'enseignement scolaire de ces deux matières lorsque les années se sont enfuies? Peu, non ? De plus, 'histoire policée et vernie que l'on nous sert à l'école est-elle digne de foi  et suffisamment soucieuse de la vérité, toute la vérité, rien que la vérité? Les enseignants eux-mêmes ont-ils suffisamment foi dans les vérités qu'cn leur enjoint de vendre comme telles ? Je n'aborderai pour mémoire que les gloires napoléoniennes, les "évènements" d'Algérie qui ressemblaient quand même beaucoup à une guerre, les rois successifs tyrans de droit divin affamant leurs peuples que l'on glorifie à tout bout de page...

      De même, la géographie évolue très vite, et son côté géopolitique encore plus, que les évidences de mes vingt ans se sont abattues dans diverses parties du monde au même titre que le mur de Berlin en 1989.Les rêves idéologiques se sont heurtés aux pratiques de dirigeants moins vertueux que ce qu'en espéraient ceux qui avaient lutté pour les conduire à leur tête.

       Ne subsiste à mon sens qu'une seule pratique judicieuse de pénétrer du mieux possible la vérité de ces matières : lire. Tout et n'importe quoi. Des romans, des essais, des bandes dessinées s'il le faut. Chaque écrit est un témoignage sur son temps et le lieu de vie de l'auteur et si aucun ne détient la Vérité tous ces témoignages cumulés et synthétisés risquent de s'en rapprocher beaucoup mieux que tout ce que l'on pourra assimiler dans un cycle scolaire que ce soit dans un cadre obligatoire ou semi-optionnel.

      Cela n'empêche que si les lycéens veulent soutenir leurs professeurs, ce en quoi ils n'auraient pas tort, pourquoi ne s'inscriraient-ils pas en masse dans ces cours devenus optionnels ? Dès lors peut-être que ce cadre moins rigide permettrait de réels échanges d'idées entre enseignants et élèves.

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